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mardi 23 janvier 2018

L’impuissance du gouvernement tunisien


Le choc



Tunisie



Durant les derniers jours [depuis le 7 janvier], plusieurs quartiers de Tunis et villes de l’intérieur du pays ont été secoués par de vives tensions sociales et des heurts violents, ayant notamment causé la mort d’un manifestant [selon le ministère de l’Intérieur, ce décès, annoncé par le ministère de la Santé le 9 janvier et largement cité par les médias, ne serait pas dû à des violences des forces de l’ordre] et occasionné plusieurs centaines de blessés dans les rangs des policiers et parmi les manifestants. Des saccages, vols, violences et actes de vandalisme ont aussi été constatés dans plusieurs banlieues de Tunis et dans plusieurs villes et villages de l’intérieur. Plusieurs routes ont été coupées par des manifestants et des scènes de guérilla urbaine ont eu lieu, avec des pneus brûlés, des jets de pierres et des bombes lacrymogènes.

Plus inquiétant encore, la plupart des manifestations se passent la nuit, ce qui complique le contrôle du caractère pacifque des manifestations. Plusieurs centaines d’arrestations dans les rangs des manifestants sont déclarées et plusieurs centaines d’autres seraient à venir. De nombreux édifices publics et équipements de sécurité sont partis en fumée. Le retour au calme est fragile, les manifestants demandent l’abrogation de la loi de finances 2018 ; et leurs leaders politiques poussent vers l’escalade. La police fait de son mieux pour maîtriser tous les quartiers et le gouvernement tente désespérément de désamorcer les tensions.

Tout cela se passe alors que la Tunisie célèbre le septième anniversaire de la fin du régime dictatorial de Zine El-Abidine Ben Ali [au pouvoir depuis vingt-quatre ans, Ben Ali est poussé à fuir le pays le 14 janvier 2011] et de l’amorce d’une transition démocratique, une première dans les pays arabo musulmans. En cause, une augmentation de 1 % de la TVA et des hausses de prix pour plusieurs produits essentiels, accélérant une inflation déjà galopante (6,5 %). Le taux de chômage dépasse les 30% chez les jeunes et les 40% dans les régions intérieures rurales. La dette dépasse 70% du PIB et le dinar local a perdu 40 % de sa valeur ces deux dernières années.

Le malaise couvait depuis quelques mois et il est entretenu par une croissance économique atone et par une gouvernance très politisée, notamment par des frictions endémiques au sein de la coalition constituant le gouvernement [dont les deux principales composantes sont le parti Nidaa Tounès, l’Appel de la Tunisie, dont est issu le président et qui compte 67 élus au Parlement, et le parti islamiste Ennahda, première force avec 69 élus]. Mis sous pression par le FMI [qui a conditionné son prêt de 2,4 milliards d’euros approuvé en mai 2016 à l’application d’une politique de réduction des déficits] et les bailleurs internationaux, le gouvernement doit démontrer une “discipline budgétaire” dans sa gouvernance des dépenses publiques. Ses engagements signés dans une lettre adressée au FMI par le chef du gouvernement et le gouverneur de la Banque centrale (29 mai 2017) annonçaient la couleur de l’impopularité des mesures à venir : dévaluation du dinar, hausse des taxes, privatisation de sociétés d’État, départ volontaire de plus de 60 000 fonctionnaires, gel des salaires, limitation de la compensation des produits de base, etc. Le tout était prévu d’avance et cela fait partie d’un ensemble de conditionnalités empêchant la Tunisie de s’endetter davantage pour éviter les risques de banqueroute.

Tensions. 

La grogne populaire est aussi expliquée par une gestion aléatoire menée par un gouvernement sans réelle vision économique et qui tente de “plaire aux bailleurs de fonds” sans disposer de l’expertise ni de la cohérence requise pour relancer la croissance économique. 

Pionnier et seul pays rescapé du “printemps arabe”, la Tunisie s’est engagée dans une transition démocratique depuis sept ans. Une telle transition n’a pas généré les progrès économiques escomptés et a dégradé le pouvoir d’achat par une inflation galopante et un chômage explosif.

Le hashtag #Fechnestannew [“qu’est-ce que nous attendons?” ou “plus rien à attendre du gouvernement”] est le slogan scandé par les manifestants des trois derniers jours. Ce hashtag, placardé en noir sur les murs de certains quartiers de la capitale, est relayé de manière virale sur les réseaux sociaux. Le caractère désespéré de ce slogan en dit long sur le malaise et les tensions qui vont crescendo à l’approche de la visite du président Macron en Tunisie [prévue début février] ; et surtout à la veille des élections municipales (prévues au printemps).

Selon des experts nationaux, la morosité économique à l’origine de ces contestations est largement expliquée par un déficit de confiance à l’égard des élites et d’un système de gouvernance mettant main dans la main un parti religieux islamisant et un  parti inspiré par l’idéologie de Bourguiba, le président ayant sévi contre les islamistes durant les années 1970 et 1980.

Au pouvoir depuis seize mois, la coalition gouvernementale actuelle a été érodée par ses contradictions et a généré un déficit de confiance perceptible au niveau de l’investissement et une recrudescence des activités économiques informelles, le long des frontières avec la Libye et par le biais de nouvelles filières de contrebande directement liées à des pays subsahariens (cigarettes, drogue, alcool, etc.).

Les incertitudes politiques et les erreurs de gouvernance mettent à plat plusieurs agrégats économiques, dont l’investissement privé, l’épargne des ménages, la demande agrégée et les exportations. Le défi à relever consiste notamment à renforcer la confiance de plusieurs tour-opérateurs qui commencent à renouer avec la Tunisie, pour relancer un secteur touristique encore meurtri par plusieurs actes terroristes en 2014 [en juillet sur le mont Chaambi, dans le nord- ouest du pays, à proximité de la frontière algérienne] et en 2015 [en mars, au musée du Bardo, près de Tunis, et en juin, dans une station balnéaire à Sousse].

Le capital de confiance dans les mutations démocratiques a du plomb dans l’aile. La rue et les couches défavorisées lancent une nouvelle défiance contre le gouvernement en place, en voulant abroger une loi de finances votée pour 2018 par la coalition gouvernementale et débattue pendant plusieurs mois par tous les partis et les élites politiques. Un véritable camouflet pour la classe politique qui montre encore une fois ses limites dans la mise en œuvre d’une transition économique* capable de s’arrimer à la transition politique à l’œuvre depuis 2011.


mercredi 9 novembre 2016

En Tunisie, la transition démocratique a un coût

Le premier ministre tunisien, Youssef Chahed, effectue une visite en France mercredi et jeudi






LE CONTEXTE

La liberté de presse n'est toujours pas de mise, les blogueurs et les journalistes continue d'être poursuivi et condamné par des tribunaux militaires d'un autre âge, tandis que les droits de l'homme en matière terrorisme ne sont guerre reluisante. La torture et le kidnapping des services du ministère de l'Intérieur continue de plus belle effet comme a l'époque du dictateur Ben ali. Tandis que les réformes, elles sont aux abonnés absents.
REDRESSEMENT
Depuis cet été, la Tunisie est entrée dans une nouvelle phase de sa transition démocratique avec la mise en œuvre d’un délicat plan de redressement de ses finances publiques. Après l’apaisement scellé en 2014 entre islamistes et anti-islamistes autour d’une nouvelle Constitution puis la vague de violences djihadistes en 2015 – en reflux en 2016 –, le défi est désormais économique et social. Plus jeune premier ministre de l’histoire tunisienne, Youssef Chahed a été nommé en août pour tenter de relancer une économie au modeste taux de croissance du PIB (1,2 %) et grevée par une dérive de ses comp- tes publics alors que les ten- sions sociales couvent, notamment dans les régions dé- favorisées de l’intérieur.

Septième premier ministre tunisien depuis la révolution de 2011, Youssef Chahed, 41 ans, a été investi fin août par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) de Tunis. Il effectue mercredi 9 et jeudi 10 novembre sa première visite à Paris où il va tenter de susciter des soutiens à un moment critique où la Tunisie affronte de délicats défis économiques et sociaux.

Qu’attendez-vous de la France dans le contexte d’une transition économique très douloureuse en Tunisie ?

C’est une visite hautement stratégique. Cinq ans après la révolution, nous sommes en passe de réussir la transition démocratique. Nous sommes une démocratie naissante qui se fortifie tous les jours, avec institutions élues, liber- tés de la presse, de parole. Mais le coût de cette transition est élevé et c’est normal. Après la révolution, nous avons fait face à des revendications sociales intenses. L’Etat a dû beaucoup dépenser, il a recruté, il a augmenté les salaires. Et cela a impacté les déficits publics. Aujourd’hui, le défi est économique. Il faut que nous réussissions à remettre de la croissance, à faire du développement inclusif dans les régions intérieures, d’où est partie la révolution. Nous pensons que notre partenaire, la France, a un rôle important à jouer.

Vous estimez que le soutien de la France est insuffisant ?

Nous devons inventer de nouvelles relations entre la Tunisie et la France. Aujourd’hui, la Tunisie est une vraie démocratie. En conséquence, l’engagement politique de la France sur la Tunisie doit se hisser à un autre niveau. Nous sommes l’exception des «printemps arabes ». Nos partenaires doivent se mobiliser sur la Tunisie, s’engager en faveur de cette démocratie. Parce que sa réussite dépasse la Tunisie. Nous sommes dans un en- droit stratégique du globe. L’enjeu, c’est la réussite d’une transition vers un modèle nouveau. La Tunisie défend les mêmes valeurs universelles de démocratie et de droits de l’homme sur lesquelles l’Europe est bâtie. De ce point de vue, nous devons être un partenaire stratégique avec un engage- ment fort de la communauté internationale. La Tunisie est une expérience unique.

La Tunisie connaît un vif débat budgétaire. Vous avez promis la rigueur, et l’austérité plus tard si la situation ne se redresse pas. La controverse se focalise notamment sur votre décision de reporter les augmentations de salaires dans la fonction publique. Pour l’instant, c’est l’impasse avec le syndicat UGTT mais aussi avec les professions libérales qui refusent d’être taxées. Comment en sortir ?

Aucun gouvernement ne peut souhaiter, deux mois après son investiture, proposer le report d’augmentations salariales ou imposer de nouvelles taxes. Notre gouvernement a été courageux. Nous sommes un gouvernement d’union nationale mis en place pour lancer des réformes, certes douloureuses. Dans mon dis- cours d’investiture au Parlement fin août, j’ai été franc avec les Tunisiens. Je leur ai expliqué que nous avons aujourd’hui des comptes publics en difficulté, une situation économique difficile, et que cela implique de se serrer un peu la ceinture. Il faut que tout le monde participe à ces sacrifices pour sauver les finances publiques. Bien sûr, ces sacrifices sont difficiles à admettre. Mais la Tunisie aujourd’hui est une terre de dialogue, de consensus. Nous sommes sortis de situations beaucoup plus complexes auparavant grâce au dialogue. Il faut que les gens comprennent l’état économique et social du pays.

A entendre certains de vos critiques, la Tunisie a été placée sous l’influence du Fonds monétaire international qui a octroyé 2,9 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) de prêts. Le FMI dicte-t-il votre politique économique ?

Non. Ce que prévoit la loi de finances 2017, c’est une gestion, comme vous dites en France, de bon père de famille. Quand la masse salariale dans la fonction publique a atteint un niveau élevé par rapport aux recettes de l’Etat, on n’a pas besoin du FMI pour nous le dire. Nous sommes capables de régler cela en interne. Les déficits publics ont explosé depuis la révolution. Ce que l’on dit, c’est qu’à un moment, il faut s’arrêter, il faut une pause pour faire souffler un peu les équilibres publics. C’est ce que nous demandons à la communauté internationale de prendre en considération. Car tout cela est dû à une révolution qui s’est produite en Tunisie. Nous demandons un engagement fort de la communauté internationale auprès de la Tunisie pour permettre la réussite de notre transition.

Les Tunisiens se plaignent de l’expansion de la corruption. Comment l’enrayer ?

La lutte contre la corruption fait partie des priorités de mon gouvernement. J’y consacre tous les jours au moins deux heures de mon temps. Ce n’est pas facile car nous souffrons en Tunisie de l’économie informelle, notamment dans le Sud avec une frontière libyenne qui fait vivre beaucoup de gens. C’est complexe à un moment où l’économie tunisienne fait elle- même face à des difficultés. Mais nous sommes très motivés. On travaille à identifier et à démanteler les réseaux mafieux. Et il y aura des têtes derrière qui vont naturellement tomber.

La lutte antiterroriste fait aussi partie de vos priorités. La coopération sécuritaire s’est renforcée, notamment avec les Américains. Cela ne vous crée- t-il pas en retour des obligations ? Selon le « Washington Post », des drones américains décolleraient de Tunisie vers la Libye pour y mener des actions d’espionnage, notamment au-dessus du bastion de l’organisation Etat islamique (EI) à Syrte. Est-ce exact ?

La réponse est non. La coopération sécuritaire entre la Tunisie et les Etats-Unis est très élevée. Avec les Européens, les Etats-Unis sont le pays qui a le plus aidé la Tunisie en matière sécuritaire ces dernières années. Nous sommes satis- faits du niveau de la coopération militaire avec les Américains, même si ce sujet peut susciter de la polémique en Tunisie. Nous ambitionnons d’avoir bien plus de coopération tant que c’est fait pour protéger notre territoire. Nous sommes en train de mettre en place un système de sécurisation de nos frontières. Dans ce cadre, nous nous dotons d’équipements, d’infrastructures, de technologies modernes en collaboration avec nos amis européens et américains. Mais il n’y a pas de drones qui décolleraient de chez nous vers la Libye.







mardi 18 juin 2013

Des guignols en politique en Tunisie

Nida Tounes Belgique

 Latifa Habbechi, membre d'Ennahda au parlement en Tunisie
 Latifa Habbechi, membre d'Ennahda au parlement en Tunisie
VS

Youssef Abdeljélil, représentant de Nida Tounes Belgique
Youssef Abdeljélil, représentant de Nida Tounes Belgique


A quoi ressemble aujourd'hui les hommes et femme sur la scene politique tunisienne. Et bien a y répondre, a des babouins qui sont a coté de la plaque.

Ainsi en Europe le representant de Nida Tounes etait l'invité de l'emission The network sur Euronews en ce mois de juin.
A la question sur le pourquoi et le comment de la crise du chômage, Monsieur Youssef Abdeljélil affirme sans rigolade que le secteur du tourisme en Tunisie emploie 2 MILLIONS de Tunisien ! La gonflette du chiffre ont connais assé bien chez Nida Tounes. Chez Nida Younes ont pense qu'il faut misé sur le tout securitaire pour attiré les investisseurs. Encore une preuve que personne ne sait traité le sujet comme il le merite et comme si le fait d'apporté la sécurité en Tunisie allait changé l'ordre des chose.

Encore une preuve que ce sont des guignols en politique en Tunisie


Quand a la representante de Ennahda, Madame Latifa Habbechi (membre du parlement) quand ont lui pose la question que 2 ans apres la révolution l'économie des regions interieur souffre toujours elle affirme sans humour que l'ont peut pas changer l'ordre des chose 2 ans apres et que il faudrais beaucoup plus d'années au gouvernement. Une reponse vague qui me fait dire que c'est gens qui gouverne en Tunisie n'ont aucune strategie ou plan pour développé la Tunisie économique de demain. Leurs mode de pensée et propagande nous dise une chose: Resté dans le flou et faire porté la responsabilité de la situation sur le chômage. Pour la niqabé avec humour, pour elle et grace a l'action de sont gouvernement d'islamiste-terroriste le chomage aurait donc baisé. Mais au faite qu'est ce qu'une conne de niqabé connais en économie ? rien du tout !
Quand a l'autre guignol de Nida tounes si il veut être credible, qu'il retourne a l'ecole apprendre c'est dossier, quand ont parle d'un sujet il faut connaitre la matière pour être credible . Mais comme nous sommes chez les singes en Tunisie, ont est plus a un detail pres lol

Le débat en video est tres instructif pour se rendre compte du niveau ZERO de la politique en Tunisie







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