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dimanche 29 juillet 2018

Vague islamiste sur les mairies tunisienne

Arrivée deuxième, derrière les listes indépendantes, au scrutin municipal du 6 mai, Ennahdha a réussi à rafler 69 % des présidences de conseils municipaux. Et dame le pion à son allié national, Nidaa Tounes, à un peu plus d’un an des législatives et de la présidentielle


marie tunisienne
LES PRÉSIDENCES DES CONSEILS MUNICIPAUX 


Il fait chaud. Dans la salle comme dans les esprits. L’élection du président du conseil municipal de la
capitale, ce mardi 3 juillet, promet d’être serrée. Les résultats tombent : 26 voix pour Souad Abderrahim, d’Ennahdha, contre 22 pour Kamel Idir, de Nidaa Tounes. Le moment est historique. C’est la première fois qu’une femme revêt l’écharpe rouge et blanc, attribut du pouvoir municipal à Tunis. Tohu-bohu et youyous accueillent l’intronisation de la nouvelle élue.

Avec cette victoire, le parti islamiste fait coup double. D’abord sur le fond, en donnant une nouvelle dimension au rôle sociopolitique des Tunisiennes et en prenant le parfait contre-pied des positions rétrogrades qui lui sont prêtées, notamment en matière d’égalité des sexes. Car sur le plan national Ennahdha est la formation qui a fait élire le plus grand nombre de femmes maires. Souad Abderrahim se voit conférer, en passant, le titre de Cheikh el-Medina, celui-là même qu’une partie de l’élite tunisoise, moderniste, bourgeoise et arrogante, refusait de voir échoir à une femme. Comme un pied de nez... Souad Abderrahim ayant grandi à Sfax, son raid réussi sur l’Hôtel de Ville sonne en outre comme une revanche pour la seconde ville du pays, tellement délaissée par le pouvoir central que ses habitants avaient migré en masse à Tunis dans les années 1980.

Une leçon de politique


De manière schématique, la répartition des présidences de conseils municipaux correspond à la confguration globale des élections législatives et présidentielle qui ont scindé la Tunisie en trois blocs : les conservateurs dans le Sud, les modernistes à Tunis et dans le Sahel, les partis de gauche dans le Nord-Ouest. Mais le scrutin aura surtout été marqué par une nette progression d’Ennahdha.

Sur la forme, le parti administre à ses rivaux une leçon de politique. On le disait marginalisé, usé, incapable de nouer des alliances au-delà de sa propre base, là où Nidaa Tounes aurait pu, ou dû, se répartir des villes avec les listes indépendantes, grandes vainqueurs le 6 mai dernier avec plus de 32 % des voix. Il n’en a rien été. Avec 28 % des suffrages, la formation de Rached Kheriji rafle 69 % des présidences de municipalités. Une prouesse. Dans certains cas, comme à Laaroussa (Nord-Ouest), elle a bénéficié de désistements du Front populaire (extrême gauche), une situation incongrue davantage liée à des relations personnelles locales qu’à des positions partisanes. Le résultat, en quelque sorte, d’un ancrage territorial travaillé de longue date.

Divorce consommé ?


Surtout, Ennahdha remporte 95 % des présidences dans les grands centres urbains, comme Tunis, Sfax ou Bizerte. C’est l’assurance d’un accès direct à plus de 4 millions d’administrés sur une population de 11 millions d’habitants. « Erdogan a commencé par la mairie d’Istanbul », rappelle Jaafar, un buraliste. Un tremplin pour des visées nationales. Et une occasion unique de consommer le divorce avec le parti majoritaire, Nidaa tounes auquel les islamistes sont alliés sur le plan national. Dès janvier 2018, Borhène Baies, chargé des afaires politiques de Nidaa, prévenait : « Nous sortons du consensus pour aller vers une situation concurrentielle avec Ennahdha. »

La campagne municipale a pourtant été parasitée par des soupçons de listes communes et d’accords secrets entre les deux partis. Ce dont les électeurs n’ont pas voulu : non contents de s’abstenir massivement (66,7 %), ils ont aussi sanctionné la formation fondée en 2012 par Béji Caïd Essebsi qui enregistre un net recul. Arrivé troisième le 6 mai, avec un peu plus de 20 % des voix, Nidaa Tounes n’obtient que 41 présidences de municipalités sur 350.

La crise est profonde. 


En quatre ans d’existence, la coalition a perdu de son entregent. Incapable de séduire ou, à défaut, de nouer des combinaisons d’appareils pour reconfigurer les équilibres politiques autour d’enjeux locaux, elle n’a pas non plus réussi à noyauter à grande échelle les listes dites citoyennes. Le cas de Mehdi Rebaï, tête de liste Union civile (indépendant) qui s’est désisté en faveur de Kamel Idir, reste
une exception.

Toutes-puissantes commissions


L’opposition, dont le Front populaire, le Mouvement du peuple, le Courant démocrate et Afek Tounes, est dans une situation aussi inédite qu’intéressante. Avec 14 mairies, elle va faire l’expérience d’un pouvoir exécutif qu’elle n’a jamais exercé. Un défi de taille, car il y va de sa crédibilité. Idem pour les indépendants, désormais aux commandes dans des villes comme Hammamet, Tozeur, Zaghouan, Radès ou l’Ariana. L’espoir qu’ils ont soulevé le 6 mai les oblige à faire au moins aussi bien que les partis, voire mieux. Il leur faudra transformer l’essai, sous le regard curieux et évaluateur des citoyens et de la société civile. 

Innover. 


Prouver leur faculté à gérer une collectivité. Montrer leur compréhension des structures administratives et politiques locales et régionales. Surtout, composer avec d’autres acteurs politiques. Car la présidence du conseil municipal ne fait pas tout.
Derrière le maire, chaque conseil est composé de 10 à 60 membres, selon le nombre d’habitants de la commune. La gestion quotidienne dépend davantage des commissions et de leur composition que de la seule étiquette du premier magistrat. Dans chaque ville, 14 commissions se répartissent la prise de décision. Celle des finances et celle de la culture – qui comprend aussi le sport, la jeunesse et les affaires religieuses – sont parmi les plus importantes.

« Des rues propres »


Rym Mourali, du Parti de l’indépendance tunisienne (PIT), rappelle que les municipalités ont par exemple un droit de regard sur les zaouïas, lieux de mysticisme populaire. À chaque ramadan, les mairies peuvent pro- poser à loisir, durant un mois, un large éventail d’événements dits cultu- rels. Mourali souligne que « malgré la rareté du foncier dans les grandes agglomérations, les villes possèdent d’importantes réserves, dont des zones vertes prévues dans les plans d’aménagement mais qui demeurent en friche. Il suffit d’une décision du conseil municipal pour changer leur affectation et en faire des écoles coraniques ou des mosquées ».

Aussi, les directions des commissions, qui n’ont pas encore été attribuées, sont- elles également l’objet de tractations entre partis. « Des rues propres sans étalages anar- chiques et avec un éclairage public seraient un bon début », ironise Maher, riverain de la médina de Tunis. Une manière de souligner

aussi que les nouveaux élus ne seront pas tant jugés sur des positions idéologiques que sur leur capacité à s’attaquer aux problèmes concrets des citoyens, dont la réso- lution est en suspens depuis la révolution de 2011. Message à ceux qui se projettent déjà vers les élections de 2019.


samedi 24 février 2018

En Tunisie, la quête de respectabilité des islamistes d’Ennahda

C'était le 15 février, au cœur du quartier du Bardo, à Tunis, ciel noir et chaussées mouillées. Dans la salle des pas perdus de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Naoufel Jammali, un échalas au verbe délié, évoquait l’évolution doctrinale de son parti, Ennahda, le mouvement islamiste tunisien. Président de la commission des droits, des libertés et des relations extérieures de l’ARP, l’homme est au carrefour de bien des débats agitant la jeune démocratie tunisienne, seule rescapée de la vague des «printemps arabes». Ce jour-là, il s’expliquait sur l’opposition de son parti à une proposition de loi visant à «criminaliser » les relations avec Israël et dont la discussion a été repoussée sine die par sa commission. Au centre de ses préoccupations : le sort des investissements étrangers en Tunisie qui, s’alarmait-il, pourraient être affectés si une telle loi devait être votée. « Il faut protéger les intérêts supérieurs de l’économie tunisienne », affirmait-il. « Nous [les partisans d’Ennahda], ajoutait-il, sommes toujours présents là où l’on ne nous attend pas. »

Quelques jours plus tard, la formule a pris tout son sens. Un porte-parole d’Ennahda annonçait qu’un juif tunisien, Simon Slama serait candidat sur une liste du parti islamiste à Monastir (côte orientale), à l’occasion des élections municipales du 6 mai. La nouvelle a fait sensation en Tunisie, et au-delà. On n’attendait pas » Ennahda sur ce terrain de la séduction de la communauté juive tunisienne. Tout comme on ne l’« attendait pas » sur le front des droits des femmes. En juillet 2017, le parti a soutenu l’adoption d’une loi réprimant les violences faites aux femmes. En ce qui concerne la perspective d’instaurer l’égalité entre hommes et femmes en matière d’héritage, un objectif que s’est fixé le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, M. Jammali affirme: «Nous sommes prêts à en débattre dans un climat serein et démocratique. »

Jusqu’où Ennahda ira-t-il dans sa mue doctrinale ? Le parti évolue par petites touches. La logique de cette mutation est limpide: la quête de la respectabilité, notamment au niveau international, afin d’effacer les stigmates de ses accointances passées avec certains groupes salafistes radicaux. Le grand tournant a été formalisé en mai 2016, lors d’un congrès à Hammamet, à l’issue duquel Ennahda s’est redéfini comme un parti « civil », « spécialisé » sur la seule action politique et délesté de ses activités traditionnelles de prédication religieuse (dawa). Désireux d’apparaître comme pleinement « tunisien », Ennahda proclame qu’il a cessé d’être la branche locale de l’internationale des Frères musulmans. Et s’il admet toujours l’islam comme « référentiel », il veut tourner la page de l’islam politique », refusant même d’être qualifié d’« islamiste». Il endosse plus volontiers le label de « démocrate-musulman », à l’image des « démocrates-chrétiens » européens.

Une telle mutation est le produit de la grave crise de l’été 2013, qui avait propulsé la Tunisie au bord de la guerre civile. A l’époque, Ennahda, qui dominait la coalition au pouvoir – la « troïka » –, était défié par une rue en colère qui lui reprochait sa complicité avec la montée de la violence salafiste. Au même moment, le président égyptien, Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, était renversé par un coup d’Etat. Face à cette géopolitique régionale devenue défavorable, Ennahda a opté pour la survie immédiate, une attitude inspirée par la mémoire encore fraîche de la répression subie sous la dictature de Ben Ali.

«IL N’Y A PLUS DE TABOU»

Aussi le parti a-t-il accepté – non sans mal – de négocier avec ses adversaires tunisiens de Nidaa Tounès, un front hostile à l’islam politique regroupant démocrates progressistes et réseaux issus de l’ancien régime de Ben Ali. La rencontre du 14 août2013, à l’Hôtel Bristol, à Paris, entre Béji Caïd Essebsi, le fondateur de Nidaa Tounès, et Rached Ghannouchi, le patron d’Ennahda, a jeté les bases d’une réconciliation entre les deux camps. Celle-ci prendra la forme, début 2015, au lendemain de la victoire de Nidaa Tounès aux élections législatives et présidentielle, d’une coalition gouvernementale venant d’entrer dans sa quatrième année.

Une telle conversion au pragmatisme d’Ennahda n’a pas fait disparaître les suspicions à son encontre. Dans le camp hostile à l’islam politique, certains doutent encore de la «sincérité» de cette évolution. Selon eux, le positionnement d’Ennahda relève du simple opportunisme, dicté par les rapports de forces politiques, et est réversible dans un contexte différent. Simultanément, l’attitude d’Ennahda au sein de la coalition au pouvoir, marquée par une loyauté confinant au suivisme vis-à-vis de Nidaa Tounès, a consolidé son crédit de « parti de gouvernement », au risque de lui aliéner certaines franges de son électorat.

Sachant qu’il est toujours sous surveillance, Ennahda a multiplié les concessions afin de faire mentir les critiques à son encontre. Il était aux premières loges, en janvier, pour défendre le gouvernement confronté à l’agitation sociale. « Il n’y a plus de tabou », affirme M. Jammali, y compris pour l’amnistie de cadres de l’ancien régime impliqués dans les malversations de l’époque. On dirait Ennahda métamorphosé en simple parti conservateur à la tunisienne, partisan à la fois du statu quo social et d’un certain progressisme sociétal hérité de Habib Bourguiba. Mais qu’une évolution aussi significative se produise sans turbulences au sein de son appareil dirigeant, sans départs ni dissidences, révèle un fonctionnement vertical susceptible de nourrir des interrogations. La « normalisation » d’Ennahda n’en est qu’à ses prémices.

mercredi 31 janvier 2018

Les dirigeants actuels de la Tunisie manquent de vision

L’ex-premier ministre Mehdi Jomaa déplore l’érosion de la classe moyenne


Mehdi Jomaa, 55 ans, est l’ancien chef du gouvernement « technocrate » qui a gouverné la Tunisie de janvier 2014 à février 2015, après la crise de 2013 où le pays frôla la guerre civile. Fondateur du parti Al-Badil Ettounsi (Alternative tunisienne), Mehdi Jomaa cherche, avec d’autres petites formations, une alternative à la coalition gouvernementale formée par Nidaa Tounès (« pseudo moderniste ») et Ennahda (« islamiste »). La Tunisie a été récemment en proie à une poussée de fièvre sociale à cause de hausses de prix. 

Comment l’interprétez-vous ? 
Cette tension sociale m’inquiète. Malheureusement, elle était prévisible. Sur le plan politique, la Tunisie a progressé. Mais on devait travailler sur la robustesse de ce processus par l’économique et le social. Car la révolution de 2011, ce n’est pas seulement la liberté, c’est aussi la quête de la dignité, en particulier de la jeunesse, qui veut avoir des perspectives sociales et économiques. 

Il existe un énorme potentiel dans notre pays. Et pourtant cela bloque. Où le problème se situe-t-il ? Le leadership actuel ne dispose pas d’une vision claire de l’avenir du pays. Or, pour réussir une transformation, il faut savoir quelle Tunisie nous souhaitons avoir dans vingt ou trente ans. On l’a bien vu quand la loi de finances a été discutée en fin d’année. Il ne s’agit pas à mes yeux d’une loi équitable. On ne relance pas l’économie par plus de taxes et de pressions sur le pouvoir d’achat du citoyen qui est déjà fatigué, par plus de ponction fiscale sur l’entreprise et plus particulièrement le secteur formel. Cette loi de finances a des bénéficiaires : le secteur informel, car plus de taxes fait forcément le jeu de ce secteur. Et des perdants : la classe moyenne et les entreprises, qui sont le cœur de la création de richesses. 

Pourquoi êtes-vous si sévère à l’égard des dirigeants actuels ? 
Ils sont des experts de la promesse plutôt que des visionnaires. Pourquoi avait-on réussi en Tunisie après l’indépendance ? Parce qu’il y avait des visionnaires qui ont investi dans l’éducation, la santé, la femme. Il y avait un vrai leadership porté par des valeurs. Depuis trois ans, nous avons un gouvernement de coalition [entre Nidaa Tounès et Ennahda]. Or cette alliance ne s’est pas faite autour d’un programme mais d’un partage du pouvoir entre partis. 

Certains ont assuré que les manifestations ont été manipulées. Y croyez-vous ?
Certains casseurs ont pu venir se greffer sur ces manifestations, comme partout ailleurs dans le monde. Nous soutenons les protestations dans la mesure où elles restent pacifiques. Mais audelà des incidents, le problème de fond, c’est l’érosion du pouvoir d’achat. Depuis trois ans, le gouvernement a privilégié les augmentations salariales au pouvoir d’achat. Il y a un vrai malaise. Les gens souffrent. La Tunisie avait un énorme atout, son tissu social était centré autour de sa classe moyenne. Or, on assiste aujourd’hui à une érosion de cette classe moyenne. Je ne suis ni de droite ni de gauche. Personnellement, je suis issu de la classe moyenne. Ce qui m’a fabriqué, c’est l’ascenseur social. La dimension sociale fait partie de l’histoire de notre chère Tunisie. Je me définis donc comme social mais aussi comme quelqu’un qui veut encourager l’initiative privée. Il faut un Etat stratège qui ait une vision, il faut un Etat incitateur qui fournisse la stabilité et l’environnement nécessaires à la création de richesses. 

Quels sont les enjeux des premières élections municipales depuis la révolution, qui devraient avoir lieu en mai ?
 Ce scrutin est important, il va rapprocher la démocratie du citoyen. Quand vous voyez l’état de nos villes et de nos villages, il faut absolument agir. Un autre enjeu est de faire émerger à partir de ce niveau local un nouveau leadership. Mais il faudra que, durant la campagne électorale, l’Etat conserve sa neutralité. Or, on voit déjà le gouvernement se mettre au service d’un parti [Nidaa Tounès]. Et ça commence déjà à faire des promesses qu'ils ne tiendront pas !



lundi 6 juin 2016

Le fond de commerce d'Ennahdha


Ennahdha ne sort pas de l’islam politique




Rached Kheriji
Deux faces pour une même idéologie islamiste


Préparée avec soin, l’annonce a été diffusée à partir du 20 mai. Grassement payée à coup de millions de dollars, une agence internationale de communication a veillé à ce que les médias du monde entier s’en fassent l’écho en bonne place et soulignent que c’est là une évolution importante et très positive. 

Un vrai « changement » qui dépasse le pays où il a lieu, la Tunisie, et intéresse l’ensemble du monde musulman et la planète entière.

De quoi s’agit-il ?

Réunis du 20 au 22 mai en congrès, les islamistes tunisiens d’Ennahdha ont adopté une posture inédite concoctée par leur président, Rached Ghannouchi.

Ayant constaté que le qualificatif d’islamiste accolé à son parti comporte trop d’inconvénients et limite son expansion, il en est venu à estimer qu’il n’y a que des avantages à le mettre au rancart.

Il veut que les Tunisiens et le monde entier le sachent, et en tiennent le plus grand compte : Ennahdha serait désormais devenu un parti civil, qui se proclame démocratique.

Et Ghannouchi d’énoncer la formule magique que citeront les médias : « Ennahdha sort de l’islam politique pour entrer dans la démocratie musulmane. »

Tunisiens ou non, musulmans ou non musulmans, lecteurs du blog ou non, beaucoup me demandent ma réponse aux interrogations que cette initiative suscite : faut-il prêter foi à cette démarche et qu’annonce-t-elle pour la Tunisie ?

Les islamistes tunisiens peuvent-ils devenir de vrais démocrates ? Au pouvoir pendant trois ans, de fin 2011 à fin 2014, ont-ils montré qu’ils sont à même de gouverner un pays sous développé ?

Ces islamistes tunisiens et leur président ont une histoire qu’il est utile de rappeler. Leur formation a vu le jour au début des années 1980 sous le nom de Mouvement de la tendance islamique (MTI).

Réprimés par un Bourguiba déclinant, puis, après une courte période d’observation et une participation aux élections, par un Ben Ali déterminé à les éliminer, ils ont pris des coups mais se sont signalés par un sens avéré à la violence aveugle et même au coup d’État militaire. Sans succès.

Ils sont donc, à cet égard, les ancêtres des jihadistes d’aujourd’hui, et cela a laissé des traces.

Ceux de leurs dirigeants qui n’ont pas été arrêtés et condamnés se sont exilés en Europe. Ghannouchi, lui, s’est établi à Londres, où il a vécu vingt ans.

Il ne connaissait ni ne parlait le français, mais n’a pas jugé utile d’apprendre l’anglais, de sorte qu’à l’inverse d’un Houari Boumédiène, qui, arrivé au pouvoir, s’est obligé à apprendre le français, et à un Abdelilah Benkirane, chef des islamistes marocains, qui manie le français à la perfection, Ghannouchi ne connaît et ne parle que l’arabe.

Cela le rapproche des Arabes du Moyen-Orient et le distingue de l’écrasante majorité des Maghrébins. Significatif de sa personnalité, ce trait étonne : comment peut-on, au XXIe siècle, diriger un grand parti, et a fortiori un État, si on ne comprend aucune autre langue que la sienne ?
Les Suisses, les Suédois, les Israéliens, les Iraniens, entre autres, le savent bien, dont les dirigeants et leurs enfants s’astreignent au bi-, voire au trilinguisme.

Une question se pose : lorsqu’il sera au pouvoir, car c’est l’objectif qu’il s’est assigné, Ghannouchi favorisera-t-il le bilinguisme ou bien voudra-t-il que les Tunisiens ne pratiquent que la langue arabe ?

Lorsque, le 14 janvier 2011, le régime de Ben Ali est tombé après avoir tenu vingt-trois ans, les islamistes, qui n’étaient pour rien dans sa chute, ont été, comme tout le monde, pris de court. Mais ils se sont vite ressaisis et ont été les premiers à combler le vide : ils se sont rapidement remis en selle, ont fait bonne figure aux élections et ont pris le pouvoir, avec deux comparses : la troïka, dont ils ont été le centre et le moteur, a gouverné le pays pendant trois ans mais n’y a assuré ni la sécurité, ni le fonctionnement de l’économie, ni même la propreté des villes.

Ils ont recruté 300 000 personnes, souvent incompétentes, mais choisies parmi les leurs, alourdissant et déséquilibrant le budget de l’État et de ses sociétés.

Leurs frères jihadistes ont commencé à infester la Tunisie et à en menacer les structures. Ghannouchi a dit alors, la larme à l’œil, qu’ils lui rappelaient sa jeunesse et il les a adjurés... d’être patients. « Attendez que nous ayons en mains tout le pouvoir, que nous contrôlions l’armée », leur a-t-il dit.

Pendant ce temps-là, le pays allait à vau de l’eau et, n’ayant à leur tête qu’un assez bon tacticien mais un piètre stratège, les islamistes d’Ennahdha n’ont gagné ni les cœurs des Tunisiens ni leur confiance. C’est à ce moment-là qu’ils ont vraiment raté le coche pour toujours.

Portés eux aussi au pouvoir, leurs homologues égyptiens, les « Frères musulmans », ayant dérapé plus gravement encore – et plus vite – ont été brutalement éliminés par l’armée du maréchal Sissi et jetés en prison. Ennahdha et ses dirigeants ont pris peur, ont cédé sur la nouvelle Constitution et accepté de quitter le gouvernement. « Faisons deux pas en arrière pour sauver le parti », leur a recommandé à ce moment-là Rached Ghannouchi.

Nous sommes toujours, comme vous le voyez, dans la tactique, celle d’un Ghannouchi plus rusé que stratège. Le gouvernement de la Tunisie a été alors confié à un indépendant, Mehdi Jomâa, qui s’est entouré d’une équipe rajeunie mais inexpérimentée. Elle a tenu convenablement les rênes du pays et l’a conduit sans encombre à des élections qui se sont impeccablement déroulées.
Les Tunisiens en gardent le meilleur des souvenirs. Mais, dans leur majorité, ils ont ressenti le besoin d’avoir un rempart contre les islamistes. Un vétéran de la politique, Béji Caïd Essebsi, s’est avancé pour le leur donner en créant Nidaa Tounes en juin 2012.

Les Tunisiens ont alors décidé de faire de « Si Béji » leur président et l’ont élu le 22 décembre 2014. Les dirigeants d’Ennahdha n’ont pas présenté de candidat contre lui, mais ont tout de même, sans le dire, donné les voix de leurs partisans à son adversaire.

Nous sommes, en ce mois de juin 2016, à la veille d’élections municipales prévues pour 2017 et, surtout, à l’avant-veille d’élections législatives et présidentielle : elles auront lieu en 2019 mais nul n’exclut qu’elles se tiennent avant l’échéance normale.

Le tacticien en chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, a refait surface avec son idée astucieuse de renoncer en apparence au label d’islamiste et d’avancer le concept de parti civil, champion de la démocratie musulmane.

On a parlé « d’islamistes autodéfroqués », de « tour de passe-passe », de « ravalement de façade », de magicien de foire qui fait disparaître l’islamiste dans sa main droite qu’il dissimule dans son dos et montre le civil dans sa main gauche qu’il brandit devant vous.

On peut également évoquer la fable de la chauve-souris de Jean de La Fontaine :

Je suis oiseau : voyez mes ailes... Je suis souris, vivent les rats !
Il y a du vrai dans chacune de ces images, car l’auteur principal de l’initiative du 20 mai est un peu tout cela à la fois : on le comprend mieux si on dit que Rached Ghannouchi est la ruse faite homme politique.

Lui et son parti sont des islamistes et le demeureront. Ils ne renient pas l’islamisme, pas plus qu’ils ne se convertissent à la démocratie, et l’on est en droit de leur dire : « Ce que vous êtes parle si fort que je n’entends pas ce que vous dites. »
Mais, au fait, qu’est-ce qu’un islamiste ?

C’est un musulman intégriste qui utilise sa religion indûment et cyniquement pour accéder au pouvoir et s’y maintenir. Intégristes, les uns et les autres le sont, mais à des degrés différents.

Le monde arabo-musulman de 2016 a presque partout à sa tête des islamistes qui l’ont mis dans une situation inextricable et, de surcroît, ont enfanté Al-Qaïda d’abord, Daesh ensuite.

Soudan, Arabie saoudite, Qatar, Gaza et, désormais, la Turquie d’Erdogan forment, avec quelques autres, l’internationale des islamistes.

Et si en Tunisie, Ennahdha dispose d’argent à profusion, le dépense sans compter, c’est parce que d’autres islamistes, déjà au pouvoir, la financent à coups de millions de dollars pour l’aider à revenir à la tête de l’État.

Je m’étonne de constater que le président et le Premier ministre tunisiens laissent sans réagir les valises d’argent étranger venir polluer la politique de leur pays. Et infléchir les résultats de ses élections.

L’avez-vous remarqué ? Les islamologues, qui sont les meilleurs connaisseurs de l’islam, j’en connais deux en Tunisie de réputation mondiale, Mohamed Talbi et Abdelmajid Charfi, ont à l’endroit des islamistes la plus grande réserve et s’en tiennent à bonne distance.

Ces deux derniers s’étaient d’ailleurs tenus, et c’est tout à leur honneur, à la même distance vis-à-vis des dictatures de Bourguiba et de Ben Ali.

Ennahdha, Ghannouchi et leurs collègues se sont donc embarqués, depuis le 22 mai, dans une opération qu’ils jugent habile de fausse conversion : nous avons désormais, disent-ils, deux costumes et deux visages ; oubliez la religion et traitez avec le civil.

Ils croient ainsi berner les Occidentaux, qui les surveillent, et offrir aux Tunisiens un visage plus avenant.

Mais avec quel dessein ? Celui de revenir au pouvoir, de le conquérir cette fois complètement, de faire occuper le palais de Carthage, c’est-à-dire la présidence de la République, par Rached Ghannouchi, au plus tard en 2019, et la Kasbah, c’est-à-dire la primature, par l’un des leurs.

Leur modèle est l’AKP turc et son chef incontesté, lequel sera demain le seul maître du pays : Recep Tayyip Erdogan.

Ce dernier et son parti ont fait croire aux Turcs et au monde entier, au début du XXIe siècle, qu’ils n’étaient plus islamistes et s’étaient convertis à la démocratie. Ils ont conquis les votes des campagnes délaissées par leurs concurrents, puis ceux des villes, et ont gravi les marches du pouvoir une à une.

Ils ont éliminé les généraux gardiens de la laïcité et des fondements kémalistes de la République, et ont proclamé urbi et orbi qu’ils se mettaient au diapason de l’Europe.
Et ce n’est que lorsqu’il a rassemblé entre ses mains tous les leviers du pouvoir qu’Erdogan a écarté les Abdullah Gül et autres démocrates de son parti pour réislamiser son pays et en devenir le maître.
Sans aucun contre-pouvoir digne de ce nom.

C’est exactement ce qui attend les Tunisiens à moyen, voire à court terme, car Ghannouchi, qui ne rêve que de revanche sur Bourguiba et Ben Ali en prenant leur place, a déjà 74 ans.

Que faire pour éviter à la Tunisie de tomber à son tour dans l’escarcelle de l’internationale islamiste ?

Ce que Béji Caïd Essebsi a tenté de faire, qu’il n’a pas fait, ne peut plus (ou même ne veut plus) faire. Créer face aux « ex-islamistes » un parti de gouvernement solide et qui soit le rempart de la Tunisie du XXIe siècle contre les passéistes.

Cette Tunisie, celle de Bourguiba, produira-t-elle, à très court terme, issu de la génération des quinquagénaires nés dans les années 1960, un candidat au pouvoir ?

Pour qu’il soit crédible et suivi, il faudrait qu’il soit déjà connu de l’opinion nationale et reconnu par elle comme un président possible.

Il faut qu’il soit un fédérateur d’hommes et de femmes, qu’il constitue et rassemble autour de lui une équipe de pouvoir.
Les temps ayant changé, ce doit être un démocrate convaincu, ce que n’étaient, hélas, ni Bourguiba ni Ben Ali. 


mardi 25 février 2014

Campagne electorale Tunisie

Argent et corruption


Alors qu'aucune date pour les elections n'est encore défini a l'heure d'ecrire mon billet, nos amis les singes en politique sont déja en campagne electoral. Apparemment le temps n'est plus une donnée essentiel, seul ce qui compte c'est d'avoir l'argent pour brassé du vent. Les singes en politique ont commencé leurs campagne de promesse tous azimut ce week-end, avec le parti des Ex-RCdiste de Nana tounes, Al Joumhouri et les singes d'islamiste d'Ennahda. Nulle doute que les singes vous promettrons 700 000 emploi comme les islamistes l'ont fait par le passé. A noté tous de meme que 3 partis sont dans les startings blog, les corrompus de Nida tounes, les singes du moyen age chez Ennahda et les guignols Al Joumhouri ...

Tous c'est parti qui ont lancé leurs campagne electoral avant l'heure sont les plus riche et les plus corrompus sur la scene politique, il dispose tous de l'argent noir en politique. L'etat ne controle pas les depenses electoral vu qu'il n'existe pas de lois en la matiere et il n'y a de compte a rendre a personne. Chacun des mafiosi peut blanchir sont argent en politique comme bon lui semble et cela sans aucune limitte dans les depenses electoral.
Dommage que la Tunisie ressemble a une planete sans foi et ni loi, si les loi existait nul doute que cet bande de tocard devrais repondre a des questions derangeante et prouvé l'origine de leurs financement.



Ont se serre les mains et ont fais les beaux pour endormir les singes au bled

Les mafiosi de Nida tounes attende vos voix de singe pour faire du business en politique

Le cirque des singes : côté Rcdiste chez Nana tounes, les mafioso se sont donné rdv dans un hotel cossu hôtel mitoyen de la salle de sport, on se prépare en costume-cravates au meeting populaire pour les singes du bled. Pour vous faire au blabla, la recette est toujours la meme : drapeaux gigantesques de la Tunisie, hymne national avec volume à fond sil vous plait au cas ou y aurais des sourd, exaltation des sentiments patriotiques… le caractère creux de la rhétorique est presque anecdotique face à l’entourage décomplexé de Béji Caïd Essebsi : son fils Hafedh, Mohamed Ghariani ancien secrétaire général de l’ex RCD du dictateur Ben ali, et une foule de gardes du corps pour montré l'importance d'un vieux de 80 ans. Rien n'est trop beau pour gagné les voix chez les singes.

Il est utile de rappellé qu'aucun ne proposera de programme pour sortir le pays du pétrin économique, mais tiendrons des discours populistes a deux balles pour les singes de la population. En tout cas moi je dis non au Non aux doustouriens, non au RCD du dictateur Ben ali, non aux islamistes, non au CPR, non à Wafa et non aux singes en politique. Je voterai pour un petit parti ecologique, au moins je suis sur que j'aurais pas a faire à des singes sans programme politique.

jeudi 6 février 2014

Printemps arabe

Le printemps arabe n’a pas dit son dernier mot



Printemps arabe


Trois ans après le début d’un mouvement qui a emporté les dictatures de Zine El-Abidine Ben Ali, Hosni Moubarak et Mouammar Kadhafi, la contestation dans le monde arabe, menacée par les ingérences étrangères et par les divisions confessionnelles, cherche un second souffle. Si la Syrie vit le pire des scénarios, la Tunisie confirme que l’aspiration à la citoyenneté et la recherche de compromis peuvent déboucher sur des avancées réelles.

A ses débuts, le « printemps arabe » a fait voler en éclats les préjugés occidentaux. Il a mis à mal les clichés orientalistes sur l’incapacité congénitale des Arabes à concevoir un système démocratique et ébranlé la croyance selon laquelle ils ne méritaient pas mieux que d’être gouvernés par des despotes. Trois ans plus tard, il s’est obscurci. Les incertitudes restent entières quant à l’issue du processus, qui entre dans sa quatrième phase.

La première étape, achevée en 2011, vit déferler une gigantesque vague de revendications concernant la dignité et la citoyenneté, nourrie de protestations massives et spontanées. L’étape suivante, en 2012, fut celle d’un repli des luttes sur leur contexte local et de leur ajustement à l’héritage historique de chaque pays. Simultanément, des forces extérieures commencèrent à réorienter ces conflits dans des directions plus périlleuses, conduisant les peuples dans la situation qu’ils connaissent aujourd’hui.

L’année dernière, on a donc assisté à une troisième phase, marquée par l’internationalisation et par l’ingérence de plus en plus agressive des puissances régionales et occidentales. La focalisation sur les rivalités entre sunnites et chiites s’est généralisée à tout le Proche-Orient, poussant chaque Etat et chaque société à se polariser sur l’axe des identités confessionnelles. L’antagonisme entre islamisme et sécularisme s’est durci à grande échelle. Le danger vient de ce que les rivalités géopolitiques et les tensions religieuses l’emportent sur les spécificités de chaque pays et semblent réduire les acteurs locaux à des marionnettes aux mains de puissances étrangères.

La comparaison entre la Syrie, Bahreïn, l’Egypte et la Tunisie révèle un spectre multicolore d’influences internationales. Dans les deux premiers pays, les interventions extérieures ont attisé la guerre civile et galvanisé les franges les plus radicales des insurgés. En Egypte, le soutien occidental à la politique autoritaire du nouveau régime a laminé les motivations démocratiques initiales. Seule la Tunisie paraît engagée sur une voie prometteuse, dans la mesure où elle reste relativement épargnée par les affrontements géopolitiques, religieux et idéologiques qui ont balayé la région.

Dans chacun de ces pays, toutefois, le « printemps arabe » a laissé l’empreinte indélébile d’une mobilisation populaire dans laquelle les citoyens ont pris conscience de leur force. Il a ouvert des espaces de contestation que l’Etat ne peut plus refermer qu’au prix d’une répression politiquement coûteuse. Si incertain que soit l’avenir, l’ordre de fer qui prévalait auparavant s’est bel et bien effondré.

En Syrie, la guerre est née d’un mouvement de désobéissance civile rapidement transformé en soulèvement populaire de grande ampleur. La réaction brutale du régime aux premières alertes a échoué à intimider les manifestants, mais elle a amorcé un cycle dévastateur de protestations et de répression. Si l’appareil militaire du président Bachar Al-Assad a vite anéanti l’espoir d’une révolution pacifique, ce sont les calculs géopolitiques et les enjeux confessionnels venus se greffer sur elle par la suite qui ont précipité l’insurrection dans une guerre civile abominable : à ce jour, cent vingt mille morts, deux millions et demi de réfugiés et quatre millions de déplacés.

Depuis toujours, la Syrie se caractérise par la diversité de ses traditions religieuses et communautaires. En exploitant les tensions internes, les puissances extérieures ont brisé cette fragile mosaïque. Le pays revêt une importance centrale dans un Proche-Orient où s’entrechoquent les intérêts des Etats-Unis, d’Israël, de l’Arabie saoudite, du Qatar, de la Jordanie, de la Turquie et de l’Iran. L’ancestrale division de cette partie du monde entre les deux tendances rivales de l’islam, le sunnisme et le chiisme, a été exacerbée par ces Etats ambitieux pour tenter d’accroître leur influence.

Le clan des Alaouites qui forme le régime de M. Al-Assad est considéré comme faisant partie d’un arc chiite allant de l’Iran au Liban du Hezbollah, tandis que les groupes de rebelles appartiennent pour la plupart au camp sunnite. Mais cet antagonisme recouvre un échiquier autre- ment plus nuancé. Tout comme les moud- jahidins afghans des années 1980, l’op- position syrienne manque cruellement de cohésion. Ses représentants à l’étranger connaissent mal ou pas du tout les groupes armés qui se battent sur le terrain. Ceux- ci vont chercher leurs soutiens ailleurs : dans le nord du pays, ils s’appuient généralement sur l’aide de la Turquie et du Qatar, tandis que dans le sud ils reçoivent armes et assistance de la Jordanie, de l’Arabie saoudite et des Etats-Unis.

Ces imbrications géopolitiques donnent lieu à des paradoxes qui contredisent une lecture strictement confessionnelle du conflit. Riyad a salué le coup d’Etat militaire en Egypte contre les Frères musulmans, qui sont pourtant de même obédience que les groupes qu’il arme sur le front syrien. Le récent dégel entre Washington et Téhéran relativise lui aussi la vision binaire souvent véhiculée par les médias occidentaux : Israël et l’Arabie saoudite s’estiment tous deux abandonnés par Washington face à Téhéran et se retrouvent soudainement alliés de facto.

Le clivage entre forces laïques et islamistes pèse également. Si l’Armée syrienne libre (ASL) revendique son ancrage séculier, la plupart des autres groupes composent une marqueterie reli- gieuse qui va des islamistes modérés aux djihadistes proches d’Al-Qaida en passant par les salaf istes. Difficile, par ailleurs, d’évaluer dans quelle mesure les factions les plus radicales, comme Ahrar Al-Cham ou l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), manifestent une véritable conviction religieuse ou utilisent leur enseigne à des fins plus prosaïques. Reste que cette fragmentation, source de discordes croissantes, a ouvert un second front au sein même du camp insurgé, comme le montrent les combats meurtriers qui ont opposé début janvier l’ASL et l’EIIL dans le nord de la Syrie. Cette dispersion de la guerre civile n’est pas étrangère à la survie du régime de M. Al-Assad.

On présente souvent le conflit syrien en termes de simple mécanique : quand le pouvoir s’affaiblit, l’opposition se renforce, et inversement. C’est oublier que l’argent et les armes ne font pas tout dans une guerre, et qu’il faut aussi des ressources en hommes. Or, sur ce plan, la pénurie menace constamment le régime de Damas. Le renfort des forces Al-Qods d’Iran, des unités du Hezbollah libanais et des milices locales (chabiha) est donc vital à la préser- vation de sa puissance militaire. Le recours à l’arme chimique n’étant plus une option, le pouvoir dépend plus que jamais de ses supplétifs étrangers.

Les Frères musulmans foudroyés


PRINCIPALE source d’inquiétude : la radicalisation nouvelle de l’opposition et du régime syrien. Le Front Al-Nosra et l’EIIL, qui se réclament tous deux d’Al-Qaida, profitent largement de l’aide venue du Golfe. L’Arabie saoudite a aussi accru son implication en soutenant des groupes non affiliés à la mouvance terroriste fondée par Oussama Ben Laden, bouleversant ainsi le rapport de forces au sein de l’opposition. Et, de son côté, l’armée régulière a profon- dément changé. Depuis la bataille de Qoussair, en mai-juin 2013, les forces Al-Qods et le Hezbollah ont redéployé la troupe en petites unités mobiles organisées comme des milices.

Pour toutes ces raisons, les puissances étrangères se soucient peu de faire cesser le conflit. Les Etats-Unis ne peuvent se permettre une nouvelle guerre et s’accommodent de voir leur hégémonie battue en brèche au Proche-Orient, leur stratégie consistant désormais à privilégier l’Asie. Dans la logique de la realpolitik américaine, Washington n’a plus les moyens d’empêcher un pourrissement de la question syrienne : comme l’a indiqué le consultant Edward Luttwak dans le New York Times (1), la sagesse commande de laisser les belligérants s’entre-tuer autant que possible, car le triomphe d’une opposition dominée par les islamistes serait tout aussi néfaste pour les intérêts occidentaux que la victoire du clan Al-Assad. L’allié saoudien, lui, verrait d’un bon œil la chute du régime de Damas, et pourrait se satisfaire d’un pays morcelé, en proie au chaos, qui couperait l’axe chiite reliant le Liban et l’Iran. Une Syrie ingouver- nable constitue pour Téhéran et Moscou une option préférable à la victoire des insurgés, quitte à laisser un membre de la famille Al-Assad réduit au rôle de pantin siéger dans son palais de Damas, comme le fit un temps son homologue afghan.

Une paix à courte échéance paraît donc des plus improbables. Si les auteurs des atrocités commises sur le terrain doivent répondre de leurs actes, les puissances étrangères qui attisent ces violences endossent une large part de responsabilité. La guerre civile est devenue si épouvantable que peu se souviennent encore des cortèges de la première heure, lorsqu’un peuple réclamait simplement le droit à la dignité et à la citoyenneté. Dans cette tragédie, c’est peut-être le plus triste.
A Bahreïn aussi, les puissances étrangères démontrent leur aptitude à exacerber les tensions locales, mais d’une manière tout autre qu’en Syrie. Les premières manifestations dans cette petite île du Golfe traduisaient un désir de démocratie très largement partagé : on estime qu’à leur apogée elles ont mobilisé presque un cinquième de la population. Si l’intervention militaire du Conseil de coopération du Golfe a vite tué dans l’œuf cette aspiration collective, l’échec du mouvement s’explique aussi et peut-être surtout par l’irruption de la géopolitique et des mots d’ordre confessionnels.

Alors qu’en Syrie un pouvoir alaouite fait face à une population majoritairement sunnite, Bahreïn est une monarchie sunnite majoritairement peuplée de chiites. C’est pourquoi les intérêts respectifs des deux puissances rivales de la région, l’Iran et l’Arabie saoudite, s’y heurtent de plein fouet. Compte tenu de sa proximité géogra- phique, Riyad exerce sur son voisin un droit de regard particulièrement intrusif. Soutenue par l’Occident, l’intervention des troupes du CCG répondait explicitement au vœu de Riyad de maintenir Bahreïn dans sa zone d’influence.

Au départ, chiites et sunnites défilaient côte à côte, sur une même ligne de revendication démocratique. C’est seulement lorsque l’intervention saoudienne a eu lieu que la carte confessionnelle a évincé peu à peu les objectifs politiques. Cette captation de la dynamique locale par des intérêts extérieurs a cependant mis en lumière la fragilité du régime. Sans la perfusion financière, militaire et politique des Etats du Golfe, la dynastie Al-Khalifa ne disposerait ni des moyens ni de la légitimité nécessaires pour se maintenir au pouvoir. Sa survie ne dépend plus désormais que de ses protecteurs étrangers.

L’internationalisation du conflit a ruiné une chance historique de voir la société bahreïnie résoudre ses vieilles tensions confessionnelles par le dialogue démocratique. Alors que les mêmes causes ont entraîné l’explosion de la Syrie, à Bahreïn elles maintiennent sous respiration artificielle un régime autocratique. 

A la différence de la Syrie et de Bahreïn, l’Egypte est un pays suffisamment fort et autonome pour tenir tête aux pressions extérieures. Les grandes puissances étrangères n’en sont pas moins étroitement liées au drame politique qui s’y joue. En juillet 2013, un coup d’Etat militaire a renversé le gouvernement décrié, mais légitime, des Frères musul- mans. N’importe où ailleurs, une rupture aussi brutale du processus démocratique aurait soulevé une indignation planétaire. En Egypte, elle a pourtant reçu l’approbation des chancelleries occidentales. Les Etats-Unis et leurs alliés européens, mais aussi l’Arabie saoudite et ses voisins du Golfe, de même que la Jordanie, le Maroc et Israël, tous ont très vite endossé le coup de force militaire, qui les débarrassait d’un Mohamed Morsi démocratiquement élu mais jugé incontrôlable.

Sitôt le nouveau régime en place, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït s’empressèrent de lui verser une aide économique de 12 milliards de dollars, soit neuf fois plus que le 1,3 milliard annuel de l’assistance mili- taire américaine. Le choix de Riyad s’explique par au moins deux raisons : d’une part, la défiance de longue date du régime wahhabite envers les Frères musulmans; d’autre part, la crainte que l’exemple de la jeune démocratie égyptienne ne fasse tache d’huile, ne donne un mandat populaire à des forces islamistes et n’enhardisse les Saoudiens à contester les dirigeants de leur pays.

Le fait que l’Occident ait cautionné le coup d’Etat militaire n’a pas accru son prestige au sein de la population égyptienne, échaudée par le message implicite selon lequel une démocratie n’est accep- table que si elle porte au pouvoir les candidats adoubés par les puissances étrangères. L’ironie de l’histoire est qu’entournant le dos aux Frères musulmans Washington et ses alliés ont saboté de leur propre chef le projet arabo-occidental d’un bloc sunnite cohérent susceptible de contenir l’influence iranienne, provoquant du même coup une insolite convergence des politiques étrangères saoudienne et israélienne.
Il est vrai que le coup d’Etat du général Abdel Fatah Al-Sissi résultait aussi d’une situation économique désastreuse et de l’impopularité croissante de M. Morsi. Même ses électeurs avaient perdu confiance dans la capacité du gouvernement à répondre aux problèmes du chômage et de la corruption. Les ambi- tions hégémoniques des Frères musulmans, qui refusaient de partager la moindre parcelle du pouvoir, ont précipité leur discrédit. Elles se sont aussi heurtées à la résistance de l’appareil d’Etat, toujours composé de policiers, de juges et de fouloul (dignitaires de l’ancien régime) viscéralement hostiles à la confrérie. Cet «Etat profond » n’a pas raté l’occasion de remonter à la surface. Une tâche d’autant plus aisée que les Frères musulmans, en bousculant des juges, des gouverneurs et des notables pour placer leurs propres hommes au sein de l’appareil d’Etat, s’étaient aussi aliéné leurs alliés potentiels au sein de la gauche et des salafistes.

La foudre qui s’est abattue sur eux signifie également la fin de l’aura d’invincibilité qui entourait autrefois l’islamisme. La confrérie n’était ni un groupe révolutionnaire ni la branche locale de quelque front terroriste international, mais une organisation plutôt conservatrice prônant la piété religieuse, le libéralisme économique et la charité envers les plus pauvres. Elle ne s’arrogeait aucun monopole sur l’islam et n’entretenait aucun lien avec les salafistes ni avec les théologiens d’Al- Azhar. Ses adeptes vivent aujourd’hui en prison ou dans la clandestinité. Plus prudents, ou plus roués, les salafistes du parti Al-Nour ont manifesté leur pragmatisme en faisant allégeance au régime militaire. Avec le«printempsarabe»,la sphère islamiste s’est à la fois diversifiée et fragmentée, tout en faisant émerger de nouvelles figures hors des cercles scolastiques et politiques traditionnels.

Rendre des comptes au peuple


Durant leur bref passage au pouvoir, les Frères musulmans se sont bien gardés d’amorcer une islamisation forcée de la société. Leur objectif consistait plutôt à consolider leur domination politique sur le terrain institutionnel. Ce n’est pas un hasard si, lors du coup d’Etat, le gouvernement Morsi s’est défendu en faisant référence à l’argument de la légitimité (chara’iya) plutôt qu’à la loi islamique (charia). A cet égard, la crainte occidentale de voir le « printemps arabe » déboucher sur une contagion islamiste au Proche-Orient paraît sans grande consistance.

En Egypte même, le coup d’Etat militaire a reçu la bénédiction du mouvement de jeunes Tamarrod, de l’Eglise copte et des formations laïques libérales. Le libéralisme revendiqué par ces dernières n’incluait manifestement pas la défense du pluralisme politique, lequel s’avère incompatible avec l’exclusion des Frères musulmans. Dès lors, le pluralisme pouvait disparaître tout à fait. La censure imposée par le nouveau régime militaire s’avère en effet plus implacable que celle qui régnait sous la présidence de M. Hosni Moubarak. Non seulement les Frères musulmans ont été rayés de la carte avec une brutalité inédite depuis l’ère du président Gamal Abdel Nasser, mais leur bannissement s’est accompagné d’une campagne nationaliste et xénophobe assimilant leurs militants à des « terroristes » à la solde de l’étranger. Conséquence inattendue de la révolution égyptienne, une présidence autocratique s’est muée en une dictature militaire qui recourt à la loi martiale et à la violence légale. Les élections n’ont pas été supprimées, mais elles se déroulent sous étroit contrôle. 

Du fait de l’interdiction des Frères musulmans et de l’atomisation de toutes les forces politiques du pays, l’armée s’est imposée par défaut. Elle ne quittera pas le pouvoir de son propre chef, du moins aussi longtemps qu’elle jouira de la complicité des puissances occidentales et des Etats du Golfe, car elle se considère comme la clé de voûte de la société. 

L’Egypte n’est pas en proie aux tensions ethniques et religieuses qui minent certains de ses voisins ; l’hypothèse d’un conflit ouvert semble donc écartée. Il n’en demeure pas moins que les militaires ne peuvent se contenter de restaurer l’ordre ancien. Le coût d’une répression massive est devenu politiquement exorbitant, et les Egyptiens ont pris goût à la force des mobilisations de masse. Le fossé entre islamisme et sécularisme risque par ailleurs de se creuser davantage. Certains Frères musulmans pourraient être tentés de prendre les armes. 

Mais la principale nouveauté, c’est l’exigence de plus en plus grande, au sein du peuple, de se voir rendre des comptes. Même lors du coup d’Etat de juillet 2013, les militaires ont dû justifier leur action, après qu’une initiative démocratique mandatée par des groupes de citoyens eut exprimé haut et fort ses inquiétudes. Le régime est désormais placé devant un choix épineux : va-t-il ressusciter le système Moubarak, avec un général Al- Sissi passant du kaki au costume-cravate, ou préférera-t-il le modèle pakistanais, où les civils ont leur mot à dire, mais laissent aux militaires leur droit de veto sur les dossiers importants ? 

En comparaison, la transition tunisienne ressemblerait presque à une promenade de santé. Menée par des acteurs locaux apparemment soucieux de stabilité et de respect des règles démocratiques, elle est restée largement épargnée par les manipulations extérieures. Cela s’explique notamment par sa géographie : bien que surveillée de près par l’ancienne puissance coloniale française, la Tunisie a rarement servi de théâtre aux compétitions géopolitiques des intérêts étrangers. Sa population est relativement homogène sur le plan religieux. La pomme de discorde la plus notable, depuis la chute du président Zine El- Abidine Ben Ali, c’est la lutte à laquelle se livrent les islamistes et les laïques.

Le parti Ennahda, d’inspiration islamiste, a gagné les premières élections libres, mais il a commis la même erreur que les Frères musulmans : il a interprété le mandat reçu comme un sésame pour le pouvoir absolu. Rapidement, la situation politique s’est détériorée, avec l’assassinat de plusieurs opposants de gauche et la montée en puissance des groupes salafistes, farouchement hostiles au pluralisme électoral. Leurs menaces ont jeté un froid au sein de la population, peu habituée à un tel climat.

En Tunisie, aucun camp ne peut prétendre à l’hégémonie, et Ennahda a d’abord formé une coalition avec deux partis laïques. Les mouvements libéraux et progressistes ont donc fini par accepter le dialogue national proposé par le gouvernement et par travailler avec les islamistes – à l’exclusion des plus radicaux, notamment les salafistes. Tous les partis de l’échiquier électoral ont convenu que le risque d’une spirale de violences politiques ne pouvait plus être ignoré. En outre, la fracture entre religieux et séculiers s’est révélée moins insurmontable que prévu. Peu de choses différenciaient finalement les islamistes modérés de leurs rivaux laïques, tandis que ces derniers reconnaissaient plus volontiers l’importance de la religion dans tout nouveau système politique.

Mais c’est surtout la remuante société civile qui a réactivé le calendrier de la transition démocratique. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) ainsi que l’organisation patronale de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), l’ordre des avocats et la Ligue tunisienne des droits de l’homme ont donné de la voix durant le dialogue national. Ils ont fixé de nouveaux objectifs au gouvernement et appelé à la ratification de la Constitution.

L’armée, quant à elle, pèse nettement moins qu’en Egypte : peu nombreuse en effectifs et dépolitisée, elle est restée dans ses casernes depuis 2011. L’ancien régime de M. Ben Ali était un Etat policier, pas une dictature militaire. Sa gouvernance technocratique et kleptomane pouvait fort bien se passer d’une assise idéologique. C’est pourquoi la révolution tunisienne a limogé les élites de l’ancien parti unique tout en laissant intactes la bureaucratie et les forces de police, qui n’étaient pas connectées au régime. La préservation de cette ossature a contribué à maintenir une relative stabilité de l’ordre légal. En outre, l’ancienne autocratie avait mis en place une robuste structure d’institutions et de lois, qui avait certes peu servi au cours des dix dernières années de l’ère Ben Ali, mais qui peut aujourd’hui s’avérer utile pour bâtir un système démocratique fonctionnel. Précisément parce que le népotisme d’autrefois était dépourvu de toute idéologie susceptible de réapparaître, la restauration d’un Etat autoritaire paraît peu vraisemblable.
La Tunisie a la chance de pouvoir répondre à ses incertitudes par ses propres moyens, sans se préoccuper du bon vouloir des autres. Les puissances mondiales et régionales ont joué un rôle mineur dans la transition en cours. Washington n’a pas mis son veto à l’entrée d’Ennahda au gouvernement, ni favorisé tel ou tel candidat. Les Etats pétroliers du Golfe se sont abstenus de soutenir massivement leurs favoris. La France se cantonne à une neutralité circonspecte, son image restant entachée par l’indéfectible soutien qu’elle a apporté à M. Ben Ali jusqu’à l’ultime seconde de son règne. En cas de succès, l’expérience tunisienne serait reçue comme un signal d’espoir dans toute la région, et peut-être au-delà.

Des sujets devenus citoyens

Tandis que le printemps arabe entre dans sa quatrième année, il faut s’attendre à une poursuite des ingérences dans les conflits locaux et à une amplification de leurs effets délétères. Les lignes de front géopolitiques, religieuses et idéologiques déchirent maintenant tout le Proche-Orient. Ce n’est qu’en renonçant à s’immiscer dans les révolutions que le monde extérieur peut aider à les faire renaître.

On peut toutefois repérer quelques tendances plus précises pour l’année qui commence. Tout d’abord, les monarchies du Golfe risquent de peser encore davantage sur les affaires de leurs voisins arabes. La rente pétrolière leur donne une influence décisive sur des pays moins bien lotis comme l’Egypte, le Maroc et la Jordanie, où leurs aides dépassent celles du bloc occidental. Moins importantes, celles-ci ont cependant pour avantage de ne dépendre ni des cours du pétrole ni des humeurs des princes.

Ensuite, il faut souligner l’importance des pactes conclus en période de transition nationale. Dans d’autres contextes de démocratisation, comme en Amérique latine, les pactes d’accommodement entre forces rivales furent profondément institutionnalisés et acceptés par tous. Au Proche-Orient, en revanche, la logique de partition l’emporte sur la recherche du compromis, de sorte que les fractions se déchirent pour le pouvoir au lieu de le partager.

En troisième lieu, la faiblesse des institutions locales, ajoutée aux interventions mal avisées de puissances étrangères, a donné du grain à moudre aux saboteurs du processus démocratique. Les salafistes tunisiens et les faux libéraux égyptiens sont des personnages de second plan qui n’ont rien à perdre en brisant les compromis diff icilement négociés. Ils gagnent en importance à mesure que les institutions s’érodent et que les intérêts en jeu s’accroissent. Dans des scénarios extrêmes, des Etats défaillants n’ont pas les moyens d’enrayer le cercle vicieux du dilemme sécuritaire. Au Yémen et au Liban, nombre de groupes préfèrent prendre les armes plutôt que de s’en remettre à un Etat incapable de les protéger, moyennant quoi ils l’affaiblissent encore un peu plus.

Le dernier point, plus positif, concerne la citoyenneté. Les peuples arabes ne se perçoivent plus comme des masses de sujets, mais comme des forces citoyennes qui méritent le respect et la parole. Quand un nouveau soulèvement surgira, il sera à la fois plus spontané, plus explosif et plus durable. Les citoyens arabes ont été témoins des solutions extrêmes auxquelles leurs gouvernements sont prêts à recourir pour se maintenir au pouvoir. Les régimes coercitifs connaissent bien, eux aussi, la détermination des masses à les « dégager ». Le printemps arabe n’a pas dit son dernier mot.

mardi 24 décembre 2013

Comment gagné de l'argent sans rien faire en Tunisie

Niqabé au parlement


Ont connaissait les singes au parlement, maintenant ont connait la niqabé d’Ennahdha Jawhara Ettis payé sur le dos du budget de l'etat a rien faire de la journée, mis à part promené bambino. C'est ainsi que a travers la séquance vidéo que je vous livre, cela nous permet de voir l'état guignolesque a l'interieur du parlement. Un pays qui permet a des niqabé de venir avec leurs bébé au parlement qui ne font rien d'autre que d'attendre l'heure de départ. Vous remarquera que la dame avec sont bébé est payé a rien foutre, assis sur le coté elle attend l'heure pour dégagé du Zoo ...

Et bien ont peut remercié les électeurs du bled qui ont voté pour c'est gens la, ca fait chaud au coeur de voir le parlement transformé en nurserie avec les macaques et les niqabé payé a rien foutre et qui se révèle incapable deux ans apres la révolution d'écrire une constitution digne de se siècle.

Entrée à l’Assemblée en tant que célibataire, elle eu le temps de se marier avec un barbus et de devenir maman avant que la Constitution ne soit achevée. Bientôt d'autre député niqabé ont en doute pas, prendrons exemple pour venir promené bambino au parlement ....

jeudi 24 octobre 2013

Dieu, la politique et les barbus

Les islamistes gouverne grâce a la parole divine


Saviez vous que en Tunisie ont melange politique et religion pour gouverné en politique. Alors que l'etat devrais etre neutre en matiere de religion, nos amis les barbus melange tout ....

Ainsi en Tunisie il existe un poste de directeur général du Coran et des preceptes religieux. Comme vous j'ai rigolé quand j'ai entendu ca a la television tunisienne. Et bien je suis pas le seul, beaucoup sur Facebook en rigole aussi apparemment. Suite a cela les singes d'Ennahda via le conseillé au ministere des affaires religieuses a indiqué que le nouveau poste allait changé de nom : "Direction des préceptes religieux" et tout cela sera adopté au conseil des ministres. Apparemment ca doit urgent et important pour que cela passe illico et presto au conseil des ministres. Mais au final a t-on besoin d'un Ministère des affaires religieuses ? Moi je pense pas ...





mardi 24 septembre 2013

Les nouvelles taxe des singes d'Ennahda

La taxe de l'incompétence du gouvernement



Les nouvelles taxe du gouvernement en Tunisie
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Pour combler le déficit et le budget de l'etat en 2014 qui est en constante augmentation depuis la prise de pouvoir des barbus, les singes d'ennahda ont eu la bonne idée de taxer l'electricité, le tourisme et la vignette automobile pour remplir les caisses de l'état.

Saché que a partir d'octobre, vous allez devoir pays votre electricité plus chere. Ainsi le directeur général de la STEG, Taher Lâabidi a reconnu que les tarifs de l’électricité vont probablement connaître une augmentation à partir du mois d’octobre.

Ensuite comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, les posseseurs de vehicule connaitrons une taxe de 25 % d'augmentation ! Autant dire que votre portefeuille va en prendre un coup la ! Comme c'est la fete aux pays des singes, il est prévu de créer une nouvelle taxe sur les voitures particulières de plus de 4 chevaux fiscaux, cet taxe varieras entre 100 dinars et 700 dinars, en fonction de la puissance fiscale du véhicule, applicable des 2014.

Derniere trouvailles des singes du gouvernement d'ennahda, c'est de taxé de 2,5 dt tout les tunisiens qui vienne en Tunisie et qui habite a l'etranger. Cet taxe concernera tout les touristes etranger aussi. C'est pas beau ca, venir payer de l'argent a un gouvernement d'incapable alors que c'est votre pays d'origine !

Sur ce continué a payez et enrichissez encore plus les terroristes d'ennahda qui vous gouvernent.


vendredi 30 août 2013

La Tunisie va mendier de l'argent a l'Europe

La Tunisie est en faillite virtuel


Tunisie en faillite
La mauvaise gouvernance des singes du gouvernement amene le pays a mendier de l'argent aux etrangers ...

Oui le pays cours a la faillite d'ici peu, mais chuuut personne n'en parle a la télévision et dans les medias et surement pas le gouvernement de singe a barbes noire d'Ennahda que vous avez élu. La Tunisie est un pays riche qui peut se permettre d'avoir un président de la république du nom de Moncef Marzouki avec un salaire de 17 000 euro a vie, plus le loyer et l'électricité, voiture et garde du corp payer a vie sur les comptes publique. C'est grâce au dictateur Ben ali que le singes a lunette de la république peut se targer d'être plus riche que la vitesse de la lumière.

La Tunisie peut avoir un nombre incroyable de ministre et de secretaire d'etat a +- 2500 euro par mois de salaire (4500 dinars pour un ministre du gouvernement maximum). La Tunisie est un pays riche qui vie comme dans les republique bananiere et qui peut se permettre d'engagner 20 000 cloportes de la revolution dans l'administration publique du jours aux lendemains. Quand ont sait que l'administration publique a un niveau ZERO de productivité.  Le secteur privé lui n’a pas été le principal recruteur puisque l’investissement tourne au ralenti.

Le singe en Chef du gouvernement Ali Laârayedh a décidé de charger le ministère du Développement et de la Coopération internationale d'accélérer les procédures nécessaires pour solliciter un appui financier de l'Union européenne (UE) destiné à financer le budget de l'Etat en 2014 car les caisses sont vide ! Quand ont sait que la Tunisie depuis le debut de la révolution est dirigé par des incompétent dans tout les domaines, je me dis au final que plus rien ne m'etonne pour le future.

Les singes du gouvernement ont décidé de déployer un surcroît d'efforts pour la mobilisation des financements nécessaires à travers la recherche de nouvelles sources de financement à l'échelle nationale et internationale.
Ainsi une délégation politique de haut niveau sera envoyée aux pays influents au sein des institutions financières internationales pour leur présenter un bilan des réformes réalisées. Quand ont sait que le bilant il n'en existe pas, ce qui laisse songeur. Le gouvernement est incapble de reformé tout les secteurs, enseignement, economie, justice, police, emploi, corruption, jusque a l'heure d'ecrire c'est ligne, la Tunisie vie comme les republique bananiere avec des corrompus et des terroristes plus libre que l'air que nous respirons.

Quand aux projets des réformes programmées dans le cadre des prêt de précaution conclu avec le Fonds monétaire international (FMI), ou du programme d'appui économique avec la Banque mondiale (BM), la Banque africaine de développement (BAD) et l'Union Européenne rien n'est finalisé, tout est aux point morts.

Les prets conclu par la Tunisie


La Tunisie a emprunté de l'argent aupres des Etats-Unis avec garantie du pays sur le pret, du Japon 2x deja. De l'europe, du Fond monétaire international, de la Corée du Sud, de l'Allemagne, de l'AFD, de la France, de la Banque mondiale, Banque africaine, de l'Allemande et maintenant de l'Union Européennes ... Et pour finir la Libye avec qui ont a fait credit ! A qui le tours ?
Ca me laisse pantois, il a quelque chose qui tourne plus rond en Tunisie.... La mauvaise gouvernance va hypothéqué l'avenir de la jeunesse dans le future du pays quand il faudras passé a la caisse pour remboursé l'argent....Car croyé moi, quand aux actuel singes du gouvernement il toucherons leurs retraite dorée aux soleil pendant que le peuple devras payer leurs bêtises et leurs incompétences dans la gestion du pays.

Les «rémunérations publiques» ont augmenté de 47% en 3 ans


Les seules et uniques «performances» du gouvernement de singes en exercice actuellement seraient les «émunérations publiques qui ont explosé, passant de 6,8 milliards de dinars en 2010 à 7,7 milliards en 2011, et seraient de l’ordre de 10 milliards en 2013, soit une augmentation de 47% en trois ans. Les poste de fonctionnaire représenterait aujourd'hui 53% du budget courant de l’Etat.


Pour Michael Béchir Ayari, analyste franco-tunisien opérant pour "Tunisie International Crisis Group», s’exprimant sur l’agence de presse chinoise Xinhua, la Tunisie doit impérativement se doter d'une élite administrative et politique consensuelle en laquelle son peuple a confiance». Il appelle les composantes politiques du pays à mettre en sourdine pour un temps les conflits idéologiques parfois stériles qui paralysent les réformes politiques, économiques, sociales et sécuritaires, et déplore une situation où la Tunisie se trouve confrontée à un affaiblissement de ses institutions publiques, une faible croissance économique et une montée de la violence djihadiste et du commerce illicite dans l'économie du pays.


Au mois d’août 2013, alors que l’INS annonçait un taux de croissance de 3%, pour le premier semestre 2013, Standard & Poor's dégradait la note souveraine de la Tunisie de deux crans. Les raisons, estiment les économistes, sont à 90% politiques, étant donné qu’on ne peut parier sur un pays qui peut basculer dans le terrorisme de la violence et dans le blizzard qui couvre la visibilité politique.

Economie souterraine


Ce que n’oseraient pas dire les experts économiques en la matière, c’est que l’économie parallèle s’est élargie à cause du laxisme des singes du gouvernement face à son essor aux dépens de l’économie formelle, et que aux circuits économiques parallèles existants, se sont ajoutés les circuits de finances parallèles. Ce qui revient à dire que la Tunisie a aujourd’hui 2 économies. Seulement l’une est soumise aux lois et réglementations en vigueur et fait profiter le pays de ses revenus, alors que l’autre échappe totalement aux lois et opère dans un no man’s land légal et institutionnel.

Les risques de blanchiment d’argent, de financement d’activités illicites se rapportant au grand banditisme et au terrorisme ne s’en trouvent que plus amplifiés, mais personne n’en parle. Et tout récemment, Abdelwaheb Maatar, ministre du Commerce, faisait l’apologie de son ministère quant à la maîtrise des prix alors que tout le système gérant les secteurs des services et du commerce risque de s’effondrer dans le pays.

Mais que se passe-t-il quand un pays fait défaut? Quelles en sont les conséquences?



Comme les particuliers, un État se retrouve en défaut de paiement lorsqu’il vit au-dessus de ses moyens et n’arrive plus à payer ses dettes ou l’intérêt sur ses dettes. La Russie s’est retrouvée dans cette situation en 1998, en pleine crise asiatique. L’Argentine aussi, en 2002. Même les États-Unis ont été en défaut de paiement durant la guerre de Sécession (1861-1865). Mais contrairement à un particulier, un pays ne fait pas faillite à proprement dit, ce qui signifie que ses actifs ne sont ni saisis ni liquidés. Du reste, qui pourrait le faire? On parle ici d’États souverains.


Cela dit, la décision d’un gouvernement de cesser de payer ses créanciers a des conséquences graves. Ses coûts d’emprunt explosent. Un gouvernement peut toujours emprunter, mais les taux d’intérêt demandés par les prêteurs sont exorbitants. L’économie se contracte. La Russie et l’Argentine ont vécu cette situation: leur économie a plongé dans une profonde récession, avec son cortège de faillites d’entreprises et de pertes d’emplois.
La réputation du pays est entachée. Si des banques acceptent encore de prêter à un pays en défaut de paiement, d’autres préfèrent s’abstenir.


Les investisseurs peuvent aussi déserter le pays ou décider de reporter ou carrément laisser tomber un projet d’investissement, ce qui accentue la récession. Les marchés boursiers du pays en défaut s’écroulent également.
Quand un pays fait défaut, il doit absolument générer de nouveaux revenus. Il peut bien entendu vendre des actifs, comme des sociétés d’État.

Pour augmenter ses revenus fiscaux, un pays en défaut doit aussi tenter de relancer son économie en stimulant par exemple ses exportations. Comment? En dévaluant sa monnaie. Mais il y a un inconvénient : cela fait bondir l’inflation, ce qui nuit à l’économie.

Pour assainir son bilan financier, un gouvernement doit aussi sabrer drastiquement dans ses dépenses: prestation de services, achat de biens, investissements dans les infrastructures. Ce qui nuit aussi à l’économie et provoque souvent la révolte de la population.

Habituellement, un défaut de paiement prend fin lorsqu’un pays se rassoit avec les créanciers pour renégocier une nouvelle dette, avec de nouveaux échéanciers et des taux d’intérêt plus réalistes.
Au final l'un des problèmes avec ce gouvernement provisoire c'est qu'il va nous laisser que des ennuis durables ...



mercredi 21 août 2013

Quand les singes d'Ennahda font leurs publicité

La pub d'Ennahda en image


C'etait a Sousse sur la GP1 en direction du Promogro ou je vais faire mes courses de temps en temps. Sur la route je suis surpris par ce grand encart de publicité. Du coup je me dis que la bande de macaques sont riche a crever. Ainsi va la Tunisie ...



Marketing Ennahda

Publicité Ennahda

Publicité Ennahda


dimanche 21 juillet 2013

Meeting Nida Tounes a Sousse

Les populistes et les riches a la tribune


Mes voisins m'ont invité hier soir (samedi 20 juillet) au meeting politique de Nida Tounes a Sousse. C'était l'occasion pour moi de venir découvrir a quoi pouvais ressemblé en vrai des hommes politique en Tunisie. Et bien j'ai été decu par les gens sur la tribune de Nida tounes. Ont a un premier orateur qui est le secretaire generale du parti Nida Tounes et qui est Taieb Baccouche. Celui-ci  s'ait exprimé pendant 40 minutes pour faire sont speech. Quand je l'ai vu en vrai je n'ai pas vu chez ce personnage un charisme politique, il est complètement comme monsieur et madame tout le monde dans la vie. A la fin de sont discours toute les chaines tunisienne se sont precipité pour l'interviewé.

Le cinema


Le second personnage est a mon avis plus connu c'est Mohsen Marzouk, un personnage digne du cinema tunisien. En montant sur scène celui ci a fait du populisme sont cheval de bataille ce soir la et ca lui réussi plutôt bien dans le public. Avec c'est phrase a l'emporte piece, celui ci ne sait pas géné pour critiqué les singes du gouvernement au pouvoir en Tunisie. Les gens applaudissait a l'unisson ...

Mais au final durant la soirée ont a entendu personne parlé de reforme politique et ni d'économie et ni du future en Tunisie. Le parti est resté au stade de vedette du cinema et des phrase sans construction. La Tunisie que ce soit avec les singes d'Ennahda ou bien des anciens Rcédiste du dictateur Ben ali n'avancera pas de sitot ...

L'inconnu en politique


Il y avais ce 3 eme personnage en costume blanc a qui ont lui a demandé de quitté la scene pour laisser la place a une femme pour venir s'exprimé. Apres que les 2 vedettes du parti ce soit s'exprimé, la salle c'est vidé d'un coup. Il est bien dommage que les inconnus ne puisse s'exprimé en premier et que ce soit  toujours les stars qui parle le premier.

L'argent ne manque pas chez Nida tounes


Beaucoup de riche était present a la soirée du parti. Quand Mohsen Marzouk et Taieb Baccouche ont fini le speech, leurs belle Audi Q5 les attendants devant la salle de fete a l'interieur. Cet voiture est monté sur le trottoir pour carrément entré a l'interieur carrément. Comme ci pour les gens a l'exterieur il etait interdit de les rencontrés. Je dirais que les dirigeant du parti manque de savoir vivre et qu'ils devrais pas affiché leurs argents en publique, cela donne une mauvaise image d'eux meme aupres du public et du parti.


Qu'est ce qui fait peur chez Nida Tounes? 


Et bien ce qui fait peur chez Nida Tounes c'est Mohsen Marzouk qui fait bien sont cinema et qui passe bien a la télévision. Il parle bien et il tape bien sur le gouvernement et ne s'en prive pas. C'est l'ennemi publique numero 1 pour les singes d'Ennahda. A cause de l'incompetence du pouvoir en place et de leurs manquement dans la gestion de l'état, le personnage public ne se prive pas pour les critiqué. Et ca marche plutôt bien et le public en redemande. Mais si vous parlé de reforme dans le pays ou bien d'economie, vous ne le reverrais plus vous adressé la parole

Je vois laisse découvrir les photos et video de la soirée vous rendre compte par vous meme
Soufian Parisi




Secrétaire du parti Nida Tounes, Taieb Baccouche
Secrétaire du parti Nida Tounes, Taieb Baccouche



drapeau Tunisie
Le drapeau Tunisien est utilisé de faire valoir. J'ai vu des petis poster de Ferhad Hached et de Bourguiba
Taieb Baccouche
Taieb Baccouche devant les camera télé tunisienne








membre de Nida Tounes, Mohsen Marzouk
Monsieur Mohsen Marzouk, le populiste de Nida Tounes chargé des relations exterieur ...


Mohsen Marzouk
il harangue les foules comme dans les cirques romain











Mohsen Marzouk passe tres bien devant les camera télé





Un inconnu a qui ont a pas laissé le temps de s'exprimé au micro


Le publique Nida Tounes
le public de Nida tounes se vide apres le depart des 2 stars politique du parti

Mes voisins qui m'ont invité a venir avec eux, ils sont fier de Bourguiba.

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