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lundi 20 août 2018

Magouille entre flic et politique

L'ancien garde du corps de Ben Ali devenu consul général



Sami Sik Salem
Comment un garde du corp de Ben ali est devenu consul general en Tunisie et a l'etranger !


Voilà une drôle d'histoire qui peut faire rire les pays étrangers et faire pleurer les Tunisiens. Ils s'appellent Sami Sik Salem, sont nom vous dit peut être rien mas c'est l'ancien garde du corps du président en fuite le dictateur Ben ali. Ils ont su jouer les intrigues dans l'épisode de la fuite du dictateur Ben ali, puis il a joué les intrigues après la révolution sous le mandat de Moncef Marzouki et de Beji Caied Essebsi.

Ensuite l'histoire va très vite pour celui-ci, il est nommé diplomate à l'Ambassade de Lyon en France, et oui rien que ça. Oui un garde du corps de l'époque de Ben ali qui devient ambassadeur comme dans les républiques bananières du jour au lendemain grace aux copinages et a la corruption du nouveau président de la République Beji Caïed Essebsi.

Celui-ci vient de le nommer dans un poste créé de toute pièce pour lui, Sami Sik Salem est devenu consul général. Un consul sans affectation particulière vu que l'intéressé n’a aucune qualification et aucun diplôme universitaire. Mais par ce que celui-ci est vivant et en bonne santé et qu'ils sert certain parti au palais présidentiel notre cher vieux président de la République qui fêtera c'est 94 ans bientôt cette année na pas trouver mieux de lui créer une fonction virtuelle pour touché un salaire des plus confortable de 3500 euros par mois sans rien faire. Le tout avec la complicité et l'accord du ministère des Affaires étrangères de notre époque. C'est un président auquel ont ne peut rien refusé aux ministères des Affaires étrangères. Et pour ceux qui croient que la Tunisie a une politique étrangère digne des pays démocratiques avec une ligne directrice, ceux-ci peuvent se rhabiller. Les nominations et les postes se font et défont a la tête du client et pour ceux qui aspire a être diplomate aux ministères des Affaires étrangères peuvent resté assis sur leurs chaises s'ils n'ont pas les bonnes cartes en mains pour servir leurs comptes en banque !

Fil conducteur 


Acte 1: Le colonel-major et l’ancien directeur général de la garde présidentielle Sami Sik Salem vient de charger l’avocat Imed Ben Hlima pour intenter une procédure judiciaire contre les deux généraux Rachid Ammar et Faouzi Aloui pour enlèvement et séquestration d’une personne en dehors de toute procédure.

D’après le journal électronique Akher Khabar Online, l’affaire remonte au 19 janvier 2011 (du temps de la révolution du jasmin). D’après la même source, Sami Sik Salem a mentionné dans le procès verbal qu’il a été victime d’une opération de kidnapping de la part de Rachid Ammar (celui qui se fait passé pour un heros aupres des medias) et de Faouzi Aloui. Il a ajouté qu’il a été séquestré ‘gratuitement’ pendant 16 jours à la caserne militaire de l’Aouina et qu’il a été agressé physiquement.

Voici les faits dans les détails : le 18 janvier, alors que Dabbabi, ancien de la Sûreté du ministère de l’Intérieur et proche du Général Ammar est fraichement nommé à la place de Sariati à la tête de la Direction Générale de la Sûreté du Chef de l’Etat, Sik Salem apprend qu’un haut gradé de l’armée va venir le voir. Pensant qu’il allait enfin avoir l’occasion de témoigner de ce qui s’est passé le 14 janvier à la présidence et être officiellement félicité, Sik Salem se prépare à l’acceuillir. Une fois arrivé, le colonel-major Faouzi El Aloui, lui annonce qu’il vaudrait mieux aller discuter à la Sureté militaire. Dès que la voiture transportant les deux hommes quitte le palais, une autre voiture pleine d’hommes cagoulés les suit. Une fois éloigné du Palais de Carthage, la voiture s’arrête et les cagoulés font irruption dans le véhicule. Sik Salem est aussitôt menotté et un sac opaque est enfoncé sur sa tête. Les cagoulés le somment de se tenir tranquille. La voiture continue son chemin jusque Bab Saadoun. Une fois là-bas, Sik Salem est jeté par terre et roué de coups par les cagoulés avant d’être enfermé dans une geôle d’où il ne sortira que 16 jours plus tard sans même avoir vu la lumière du jour… ni même avoir été entendu par un enquêteur, par un juge d’instruction ou par quiconque*…
La question qui se pose est celle-ci : pourquoi Sami Sik Salem a -t-il attendu 5 ans apres la révolution pour porter plainte?

Acte 2- Sami Sik Salem a été nommé directeur de la sécurité présidentielle de Moncef Marzouki, poste qu’occupait Ali Seriati du temps du président dictateur en fuite.
Il est à rappeler que Sami Sik Salem a joué un rôle essentiel dans la transition pacifique du pouvoir, le 14 janvier 2011 , en refusant de déférer aux ordres de Ali Seriati et en convoquant Mohamed Ghannouchi, Foued Mbazzaa er Abdallah Kallel pour la transmission des pouvoirs présidentiels.

Acte 3: Sami BEN SIK SALEM, est nommé nouveau Consul de la République Tunisienne à Toulouse.

Il est à rappeler que Sik Salem a été nommé Consul Général de la Tunisie à Tripoli et qu’il a refusé ce poste. Selon la même source, «son "recasage" toulousain vise peut-être à le dissuader de porter plainte contre l'ancien chef d'état-major interarmées Rachid Ammar, érigé au rang de héros de la révolution, alors qu'il avait en verité exigé du dictateur Ben ali un ordre ecrit de celui ci pour tiré sur les manifestant.

Acte 4: Sami Sik Salem vient d'être nommé consul général, un poste sans affectation a l'étranger. C'est un poste créé de toute pièce pour l'ancien garde du corps de Ben ali. Il pourra continuer à toucher un joli salaire de 3500 euros en toute quiétude en Tunisie.

mardi 19 décembre 2017

Le dictateur Ben ali est de retour bientôt en Tunisie ?

Béji Caïd Essebsi : « Ce n’est pas un crime d’avoir travaillé avec Ben Ali »

En visite à Paris la semaine du 11 décembre, le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, 91 ans, a rencontré Emmanuel Macron, qu’il recevra à Tunis en janvier 2018. Il revient pour Le Monde sur l’état de son pays, six ans après le déclenchement de la révolution qui a chassé Ben Ali du pouvoir.


D’anciens collaborateurs de Ben Ali ont fait leur retour au gouvernement récemment. C’est l’ordre ancien qui revient ?

Et ceux qui ont travaillé avec Bourguiba, on va les exclure ?
Quand Ben Ali était au pouvoir, 2 millions de Tunisiens travaillaient avec lui. On ne va pas les exclure. Chaque Tunisien a le droit de participer à la vie de son pays s’il n’a pas été l’objet d’une condamnation. Ce n’est pas un crime d’avoir travaillé avec Ben Ali, sinon on leur enlève la nationalité. Et ça, personne d’autre que la justice ne peut le faire.

Au moment où votre premier ministre, Youssef Chahed, a lancé une chasse à la corruption, une loi a amnistié la corruption administrative. N’est-ce pas contradictoire ?
Je suis l’auteur de cette loi. Elle ne vise que les fonctionnaires compétents qui ont exécuté des instructions directes et irréfragables de l’Etat de l’époque. On n’a pas amnistié des gens qui ont détourné de l’argent de l’Etat. Cette loi de réconciliation vise à profiter de l’expérience des hauts fonctionnaires qui restaient les bras croisés car ils avaient peur d’être punis.

En septembre, vous avez critiqué durement l’Instance vérité & dignité (IVD), symbole de la transition politique. Que lui reprochez-vous ?
L’IVD n’a pas de quoi être fière de son rendement. A mon avis, elle n’a pas rempli son rôle de justice transitionnelle. C’est une instance légale, je respecte son existence, mais elle n’est pas constitutionnelle. Elle partira au terme de son délai fixé par la loi, en 2018.

On vous reproche de présidentialiser le régime...

Je suis responsable du respect de la Constitution. Nous n’avons pas de système présidentiel. L’exercice de mon mandat est soumis au contrôle populaire. Il n’y a donc aucune chance que le système actuel débouche sur un présidentialisme. Personnellement, je suis pour un système présidentiel bien contrôlé pour éviter la dérive présidentialiste que nous avons connue sous Ben Ali et Bourguiba.

Vous présenterez-vous à la présidentielle de 2019 ?
[Rires] Quand je me suis présenté, j’avais 88ans, et à la fin de mon mandat, j’en aurai 93. Je suis quelqu’un de sérieux. Mes obligations vont jusqu’en 2019, et l’avenir est à Dieu.

Votre fils, Hafedh Caïd Essebsi, dirige Nidaa Tounès, la principale composante de la majorité gouvernementale. N’est-ce pas le début d’une dérive dynastique ? 
Il faudrait qu’il soit élu pour cela. Il n’a pas hérité le parti de moi, il a été désigné par un congrès à Sousse. Si les responsables de Nidaa Tounès ne sont pas contents de lui, ils n’ont qu’à le renvoyer.

Les élections locales, prévues le 17 décembre, ont été reportées au 25 mars 2018. Et maintenant, on parle d’un nouveau report. Est-ce normal, six ans après la révolution ?
Je suis pour des élections le plus rapidement possible. Si elles n’ont pas pu se tenir le 17 décembre, c’est parce que l’instance électorale n’était pas au complet. Maintenant, certains partis réclament un report. Pour moi, il ne faut pas que cela dépasse le mois d’avril. Je vais m’y employer.

Vous vous êtes engagé à faire adopter deux réformes en faveur de l’égalité femmes- hommes. Les islamistes d’Ennahda vont-ils l’accepter ?
Concernant le mariage des Tu- nisiennes à des non-musulmans, le ministère de la justice a retiré la circulaire de 1973 [qui obligeait les hommes non musulmans à se convertir à l’islam avant le mariage]. Au sujet de l’égalité d’héritage, j’ai créé une commission qui va préparer les textes appropriés. Pour le moment, Ennahda n’a rien dit, mais je ne pense pas qu’ils y verront un inconvénient majeur. La Constitution de 2014 pose les bases d’un Etat civil, pas religieux. Je ne reviendrai jamais sur ma promesse, car sans promotion de la femme, il ne peut pas y avoir de démocratie.

Cette année, il y a eu des manifestations au Kef, à Tataouine. Est-ce qu’une deuxième révolution, sociale celle-là, est possible ?
Nous souffrons malheureusement d’un chômage important : 628 000 personnes, dont 250 000 titulaires de diplômes supérieurs. Si vous ajoutez à cela des régions de l’intérieur marginalisées, tous les ingrédients d’un malaise social sont réunis. Ces mouvements sont naturels. La révolution a réalisé la liberté d’expression. Mais la dignité, c’est aussi le travail. Seulement, nous ne pouvons pas tout régler d’un coup de baguette magique.

La Libye est-elle toujours une menace sécuritaire pour vous ? 
Cela a été le cas. Nous avons une frontière commune de 450 km qui n’était pas très sécurisée. Nos relations étaient amicales et intenses par le passé. Mais il y avait un Etat libyen à l’époque. Aujourd’hui, il n’y a plus que des groupuscules armés. En 2015, nous avons subi trois attentats dus à des infiltrations. Aujourd’hui, la frontière est sous contrôle.

Selon l’ONU, 5 500 Tunisiens ont rejoint des groupes extrémistes comme l’organisation Etat islamique ou Al-Qaida...
C’est exagéré. Il y en a 2 000 environ. C’est trop évidemment, mais maintenant, les choses sont maîtrisées. En cas de retours, ces personnes sont soumises à la loi. Beaucoup sont en état d’arrestation ou en résidence surveillée

lundi 29 février 2016

Gros magot maigre butin

TUNISIE


Déclenchée dès le lendemain de la révolution, la chasse aux biens mal acquis du clan Ben Ali-Trabelsi n'aura pas été aussi fructueuse qu'escompté, notamment à l'étranger. Histoire d'un flop.





La villa Québécoise de Sakher el Materi réfugié au Seychelle

Le jour même de la fuite de Zine el-Abidine Ben Ali, le 14 janvier 2011, des villas appartenant aux Trabelsi étaient mises à sac tant elles symbolisaient l’arrivisme exécrable de la belle-famille du président déchu. Quelques semaines plus tard, le 9 février, les Tunisiens découvraient à la télévision, stupéfaits, les images d'une perquisition au palais de Sidi Dhrif, propriété des Ben Ali. Montres de luxe, bijoux, coffres-forts et tiroirs débordant de liasses de dinars et de devises... La prise est évaluée par la Banque centrale de Tunisie (BCT) à plus de 41 millions de dinars (quelque 20 millions d'euros à l'époque).
Dès le 17 janvier 2011, une Commission d'investigation sur les faits de corruption et de malversations est mise en place. Au bout de quelques mois, son président, Abdelfattah Amor, décédé en 2012, acquiert une certitude. « Les familles entourant Ben Ali, déclare-t-il, avaient tous les droits : autorisations indues, crédits sans garantie, marchés publics, terres domaniales. » Il ne croyait pas si bien dire : cette prédation avait amputé la Tunisie de deux points de croissance. Mais si le temps des kleptocrates était révolu, celui des procédures ne faisait que commencer. Le 19 janvier, dans la plus grande discrétion, « une demande d’ouverture d’enquête sur les biens de Ben Ali et de ses proches est déposée par un procureur », rappelle un magistrat du pôle judiciaire. Le même jour, à Paris, Sherpa, Transparency International et la Commission arabe des droits humains portent plainte contre Ben Ali et une dizaine de ses proches pour corruption, détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, abus de confiance et blanchiment aggravé commis en bande organisée. La traque du magot amassé par l'ex-clan au pouvoir, en Tunisie comme à l'étranger, démarre.

Le 14 mars 2011, un décret-loi autorise la confiscation d’avoirs et de biens meubles et immeubles propriété de Ben Ali, de son épouse Leila et de 114 de leurs proches.
Des informations recueillies dans des documents ou via les témoignages de citoyens et d’anciens collaborateurs permettent de dresser une liste non exhaustive de ces biens.
Le temps des kleptocrates était révolu, mais celui des procédures ne faisait que commencer...
avoirs, que l'État réussira à confisquer. Il incombe alors à la commission chargée de la gestion des biens confisqués, sous la tutelle du ministère des Finances, d’administrer lesdits biens en attendant que l’on statue sur leur sort. Ceux qui pensaient que les caisses de l'État allaient être immédiatement renflouées doivent déchanter; aucun des trois gouvernements qui se sont succédé en 2011 ne s'est senti en droit de décider du devenir des biens confisqués, désignant, pour les sociétés concernées, des administrateurs judiciaires - l'objectif pour l'État, qui n’a pas vocation à être gestionnaire de biens, étant de vendre les avoirs saisis.


MANQUE D'EXPERTISE. 

Pendant ce temps, certaines voix s’élèvent pour demander des comptes sur « l’argent qui revient au peuple », dénonçant la lenteur des procédures comme une manœuvre destinée à faire péricliter les sociétés confisquées afin qu'elles soient reprises pour une bouchée de pain. D’autres fustigent le manque d’expertise des curateurs auquel ils imputent la dépréciation des entreprises. Avec la création d'Al Karama Holding pour gérer, mettre en place les procédures de cession idoines selon chaque entreprise et récolter l'usufruit de la confiscation, le gouvernement semble accélérer la cadence. En amont, il lui a fallu créer un cadre légal pour les transferts de propriété afin que l’État puisse en devenir juridiquement le vendeur. Mais cela suppose de trouver les actes de propriété, d’assainir les situations foncières, de commander des expertises, de modifier les statuts des sociétés, de passer un accord avec les investisseurs, notamment étrangers, les actionnaires et les associés, ou encore de retrouver les clefs et les cartes grises des véhicules.

En aval, la Commission des biens confisqués s'attelle avec une extrême prudence à la préparation des appels d'offres. Les premiers dossiers traités sont ceux de la cession des parts détenues par des proches de Ben Ali dans des entreprises actives, fleurons de leurs secteurs respectifs : 65 % du capital du concessionnaire auto Stafim détenus par Mehdi Ben Gaied, alors fiancé de Halima, fille cadette de Ben Ali; 25 % des parts de l'opérateur téléphonique Tunisiana, 60 % d’Ennakl, 100 % d'Ennakl Véhicules Industriels (EVI) et 99 % de City Cars, toutes propriétés de Sakhr el-Materi, gendre de l'ex-président ; 13 % de la Banque de Tunisie et 23,96 % des actions de Tunisie Sucre détenus par Belhassen Trabelsi, beau-frère de Ben Ali. Toutes ces parts changent de mains entre 2012 et 2015. Et le plus curieusement, un clan de la famille semble intouchable jusque aujourd'hui, les freres Mabrouk active dans la banques et les holdings, un empire créé grace au mariage de la fille de Ben ali.

L'État engrange ainsi 1375,44 millions de dinars, mais ce ne sont pas là des bénéfices, les prises de participations de Sakhr el-Materi ou de Mehdi Ben Gaied ayant été effectuées au moyen d'emprunts bancaires. Au total, les banques tunisiennes avaient octroyé 250 millions de dinars de crédits sans garantie au clan Ben Ali, soit près de 5 % des financements du secteur.
Outre ces remboursements, d'autres créances sont soldées, notamment auprès de l’administration fiscale, des caisses d’assurance-maladie et de divers débiteurs. Cette opération, qui a rapporté 600 millions de dinars au pays, a été la plus importante effectuée sur les biens saisis. Cette somme, ainsi que les valeurs de portefeuilles-titres et les liquidités saisies sur les comptes bancaires ou dans les palais ont été versées au Trésor et injectées dans le budget. Cet argent permet de couvrir les salaires des 70 000 fonctionnaires recrutés sous la troïka gouvernementale et les augmentations de 50 % des rémunérations dans le secteur public qu'elle a opérées en 2012 et en 2013. « Sur 544 entreprises, 7 ont été vendues, et la cession de 14 autres se fera courant 2016 », a annoncé le ministre de l’Économie et des Finances, Slim Chaker, début février 2015. Mais il ne dit pas que 80 de ces sociétés sont en cessation d’activité et que leur liquidation est envisagée, d’autant que leur statut d’entreprise confisquée les a paralysées a cause de la bureaucratique.
Privées de l’accès aux crédits bancaires, elles n'ont pu se remettre sur les rails et ont accumulé près de 2 milliards de dinars de dettes, auxquelles s’ajoute 1 milliard de dinars de redressements fiscaux. Certains s’insurgent contre la conduite de ces entreprises par l'État. « Il s'agit de gestion de biens publics. Quand le responsable du bien, c'est-à-dire le gouvernement, ne fait rien, alors on jette l'éponge », assène Radhi Meddeb, qui a claqué la porte de Carthage Cernent, dont il était président du conseil d’administration depuis août 2014.

DÉCRET ANNULÉ. 

Mais le Tunisien lambda n’est pas au fait de ces atermoiements qui impactent l’économie du pays et ne voit que la partie la plus clinquante des biens mal acquis. Très courue, l’exposition-vente de 12000 objets et effets personnels de l’ancien couple présidentiel en 2012 se solde pourtant par un flop. Elle n'aura rapporté qu'un peu plus de 1 million de dinars, bien loin des 10 millions escomptés. Le citoyen moyen se repaît de la diffusion à la télévision en décembre 2015 de l’expulsion manu militari de Mehdi Mlika, ancien ministre et neveu de Ben Ali, de son domicile de Gammarth, qui figure parmi les biens saisis par l'État, mais il est surtout fasciné par le parc automobile confisqué, dont les images tournent régulièrement sur les réseaux sociaux. Sur 146 véhicules, 66 ont été vendus, mais les grosses cylindrées, voitures de sport et bolides d'exception n'ont pas trouvé preneur. Slim Chaker explique qu’elles sont hors de portée pour les Tunisiens et se propose de lancer un appel d'offres international à même d’attirer des collectionneurs. Mais, de l'avis des experts, en cinq ans, la plupart de ces automobiles, de huit ans d’âge en moyenne, ont perdu de leur valeur. Restent les biens immobiliers. Un temps, Cheikha Moza, épouse de l’ancien émir du Qatar, aurait envisagé l'achat du palais de Sidi Dhrif. 
Le Qatar, aurait été tentée par l’achat du palais de Sidi Dhrif, mais là encore, rien n'a été conclu. Sur les 480 biens immobiliers confisqués, 40 ont été cédés, 180 nécessitent d’être enregistrés et d’autres sont en cours d’expertise ou bloqués par une hypothèque.
Malgré ces difficultés, Ahmed Khedher, responsable du secrétariat permanent de la Commission de gestion des biens confisqués, indique que « le gouvernement projette de collecter à travers la cession de ces biens près de 200 millions de dinars en 2016 ». Rien n'est pourtant moins sûr : la loi n'est pas toujours du côté du gouvernement, et les avocats du clan sont montés au créneau et ont déposé des recours. Le 8 juin 2015, faute d'une validation par l’Assemblée nationale constituante (ANC), élue en octobre 2011, ou par l'Assemblée des représentants du peuple (ARP), qui lui a succédé, le Tribunal administratif a en effet annulé le décret-loi n° 13 du 14 mars 2011 portant sur la confiscation des biens de Ben Ali et de 114 de ses proches. L’État a fait appel de cette décision, mais les avocats de l’ancien président n'hésitent pas à donner de la voix. Akram Azouri, son défenseur libanais, met en garde quiconque achètera un bien de Ben Ali, puisqu'il contreviendrait à une décision du Tribunal administratif, tandis que Mounir Ben Salha, chargé de la défense de Ben Ali auprès des tribunaux tunisiens, précise que « le ministre des Finances n'aurait pas dû poursuivre le processus de cession des biens confisqués ». Une complication de plus dans des affaires elles-mêmes très complexes, la seule issue serait une nouvelle loi qui abrogerait le décret de 2011. À charge pour l’ARP, qui planche sur le sujet, de légiférer dans ce sens.

Avoirs à l'étranger:

Si tous les biens du clan Ben Ali en Tunisie sont devenus propriété de l’État, il n'en a pas été de même pour leurs avoirs à l’étranger. Entamée dès le 15 janvier 2011, la traque du trésor, évalué alors entre 5 et 10 milliards de dollars par l'association Sherpa, a fait chou blanc. Cette estimation a même été revue à la hausse en 2014 par l’organisation Transparency International, passant à 13 milliards de dollars d'avoirs, dont 5 milliards pour le seul président déchu. Concrètement, la Tunisie n’a, à ce jour, rien perçu. Un jugement en cassation l'oblige même à restituer les 24,5 millions d'euros détenus par Léila Ben Ali sur des comptes au Liban et qui avaient été versés à l’État en 2014. Pourtant, les juges du pôle judiciaire de Tunis ont identifié plusieurs propriétés, dont trois hôtels particuliers et des appartements à Paris, une résidence à Londres, un palais à Marrakech, ainsi que des résidences au Canada et des biens aux Bahamas, en Argentine, en Belgique mais aussi en Mauritanie, aux États-Unis, en Allemagne et en Espagne d’une valeur globale de plus de 3 milliards d’euros.
« Les processus d'identification restent longs et complexes. Les membres de la famille Ben Ali n'achetaient jamais de biens directement en leur nom propre. L'acte d’achat passe par un prête-nom et une société immobilière », explique Stéphane Bonifassi, avocat à la cour de Paris et défenseur des intérêts de la Tunisie.

Traque avortée

Les États arabes ont refusé de coopérer avec Tunis. Mais les 88 commissions rogatoires internationales lancées dans 37 pays par les magistrats tunisiens ont permis d'obtenir le gel des actifs identifiés, dont 52 millions d’euros en Suisse, 30 millions d'euros en Belgique, 12 millions d'euros en France et près de 10 millions de dollars au Canada. Belhassen Trabelsi, frère de Leïla Ben Ali, détiendrait à lui seul 135 millions d'euros. Mais la traque du magot connaît un rebondissement en décembre 2014, quand les listings HSBC publiés par SwissLeaks révèlent l’existence d’autres comptes, dont l'un au nom de Belhassen Trabelsi avec un solde de 22 millions de dollars (environ 18 millions d'euros). La mise en vente aux enchères en Europe de bijoux ayant appartenu à la famille beylicale et qui auraient été en possession de Leïla Ben Ali montre aussi que l'identification des avoirs pêche par manque d’informations.
La restitution des biens référencés reste aléatoire. En cause, la mauvaise volonté de certains pays et un cadre juridique inadapté, si bien qu'un projet de loi portant sur les procédures de restitution des biens mal acquis conforme aux normes internationales devrait être adopté par l'Assemblée des représentants du peuple (ARP). En attendant, le gel des avoirs semble être sans effet : le Québec a mis en vente la villa de Sakhr el-Materi au titre du recouvrement de taxes municipales impayées. 




dimanche 17 janvier 2016

Où en est la révolution de Jasmin ?

La Tunisie en 2015


11 millions de Tunisiens
50,7 % de la population a moins de 30 ans
15 % de la population a plus de 60 ans
Taux de fécondité : 2,2 enfants par femme
Taux d’alphabétisation : 81,7 %
Taux de chômage chez les jeunes diplômés : 30 à 35 % Taux de croissance : 1 %
Dette publique : + 58 % en quatre ans Investissements : - 21 % en 2014 par rapport à 2013
1,5 million de Tunisiens vivent sous le seuil de pauvreté




Tunisie
Avocat estimé et initiateur du Front populaire, Chokri Belaïd est assassiné le 6 février 2013. Ce meurtre entraîne une grève générale et des remaniements au gouvernement, accusé de laxisme face aux islamistes. 

En 2010, la Tunisie déclenchait les Printemps arabes, en se soulevant contre le dictateur Ben Ali. Aujourd’hui, malgré le terrorisme et la récession économique, le pays est le seul à garder le cap de la transition démocratique pour le moment.
Cette expression qui désigne la chute du régime autoritaire du dictateur Ben Ali (1987- 2011) n’a jamais suscité autant de débats et de réactions âpres et contradictoires. Il faut dire que depuis cinq ans, le désenchantement est perceptible à tous les niveaux de la société tunisienne. Rappelons, pourtant, que l’expression « révolution de Jasmin » renvoie à un autre moment politique majeur de l’histoire tunisienne. Elle désignait en effet jusqu’alors le coup d’État de Ben Ali commis le 7 novembre 1987. Appelé également « coup d’État médical » ou encore tahawwul al-mubarak (le « changement salutaire »), il a conduit à la destitution de Bourguiba, jugé vieillard impotent et sénile, par son Premier ministre.

Cette première révolution de Jasmin a instauré de nouvelles pratiques de gouvernance – le clientélisme, la corruption, le népotisme et la répression – qui ont duré vingt-trois ans, jusqu’à l’immolation en 2010 d’un jeune chômeur de 27 ans, Mohamed Bouazizi, originaire de Sidi Bouzid. Ce marchand ambulant de fruits et légumes s’était vu confisquer sa marchandise car il n’avait pas pu produire l’autorisation officielle qui lui permettait de vendre sur la place publique. Ce « fait porteur d’avenir »1 a abouti au départ stupéfiant et inespéré de Ben Ali et de sa famille le 14 janvier 2011, date de l’an I de la révolution tunisienne, vers l’Arabie saoudite. L’expression « révolution de Jasmin » renvoie donc à deux moments antinomiques : celui des temps sombres du régime policier de Ben Ali et celui de l’espérance révolutionnaire liée à la chute du dictateur honni.

L’ÉMERGENCE D’UNE SOCIÉTÉ CIVILE

Revenons à Mohamed Bouazizi, figure emblématique et héroïque de la résistance tunisienne. Son acte suicidaire, accompli publiquement, est devenu un acte fondateur qui, une fois connu et médiatisé par les réseaux sociaux, a entraîné un mouvement social qui a fini par atteindre la capitale le 27 décembre 2010.

Mais les émeutes populaires de l’hiver 2010-2011 s’inscrivent dans une histoire ponctuée depuis l’indépendance par des crises majeures. Entre 1978 et 1984, sous Bourguiba, la Tunisie a connu deux crises marquées par des révoltes populaires et réprimées par l’armée2. En 2008 encore, sous Ben Ali, les révoltes du bassin minier de Gafsa ont mobilisé de larges pans de la population et peuvent apparaître comme la répétition de 2010-2011.

L’histoire de ces mouvements permet de mieux comprendre l’émergence d’une société civile tunisienne, actrice majeure de la prise en main de la contestation. Dévoilée dans ses formes politisées, militantes et citoyennes, elle est le produit d’un réseau d’organisations qui, à la fin des années 1970, et malgré la répression systématique des régimes autoritaires de Bourguiba et de Ben Ali, a tissé patiemment sa toile dans les milieux académiques, syndicaux, les corporations professionnelles et dans les classes moyennes. Ce sont ces organisations civiles (le « quartet ») qui ont reçu le prix Nobel de la paix en 2015. L’inscription du mouvement contestataire dans la société tunisienne au cours de ces quatre dernières décennies et la maturité citoyenne de la société civile expliquent, en partie, l’effondrement rapide du régime dictatorial de Ben Ali. Car 28 jours ont suffi à mettre fin à une dic- tature qui semblait solidement arrimée à un système complexe d’allégeances et au soutien des démocraties occidentales. Jusqu’au 14 janvier 2011. Les dirigeants occidentaux voyaient dans la Tunisie de Ben Ali le bon élève du monde arabe : le seul État du Maghreb qui assurait la stabilité sécuritaire et la politique de soutien antiterroriste et qui offrait les conditions idéales de séjour pour les touristes européens.

Ils étaient en cela sensibles à la fameuse « exception tunisienne » tant vantée par Ben Ali. Celle-ci reposait principalement sur un modèle économique performant, moderne et intégré dans le réseau d’échanges mondiaux ; sur le Code de statut personnel de 1956 qui accorde à la femme tunisienne une émancipation inégalée dans le monde arabe ; enfin sur l’éducation très poussée du peuple tunisien.

Mais depuis 2011, par effets de miroirs inversés, cette exception tunisienne ne repose plus sur les instrumentalisations idéologiques de Ben Ali, mais sur un constat objectif à l’échelle géopolitique. La Tunisie semble bien, en effet, être le seul pays arabe à avoir réussi sa transition démocratique. Entre le chaos libyen, la reprise en main féroce du pouvoir par l’armée égyptienne, la répression à Bahreïn, la remise en question tragique des États syrien, irakien et yéménite et l’avancée inexorable de l’État islamique, la Tunisie apparaît comme le seul pays à maintenir un équilibre fragile entre volonté démocratique et vieux réflexes autoritaires.

En effet, depuis la fuite de Ben Ali, la Tunisie peut se prévaloir à la fois de l’adoption, le 26 janvier 2014, de la constitution la plus démocratique du monde arabe et de l’exercice réussi, transparent et incontestable, de deux scrutins nationaux (législatif en octobre 2014 et présidentiel en décembre 2014). Cette singularité dans le paysage politique régional ne cesse d’être interrogée par les observateurs politiques. Mais les Tunisiens eux-mêmes, partagés entre le vertige de la liberté retrouvée et les réalités économiques et sociales bien éloignées des mensonges de la propagande de la dictature, laissent exprimer des inquiétudes doloristes sur les années de révolution.

Même la reconnaissance internationale avec l’attribution du prix Nobel de la paix au Quartet semble, curieusement, être un non-événement pour la population. C’est que la Tunisie de l’après-révolution en 2011 ne ressemble plus guère aux représentations idéales tant vantées sous le régime de Ben Ali. Les réalités économiques, territoriales, politiques émergent dans leurs fractures, leurs inégalités, leurs impasses et laissent voir le chômage endémique et alarmant d’une jeunesse diplômée, la pauvreté extrême de régions enclavées et oubliées par les politiques de développement et la menace terroriste alimentée notamment par la frontière libyenne devenue dangereuse. Elles révèlent également une classe politique tâtonnante et expérimentant, dans l’urgence sécuritaire et la protection des institutions de l’État, la démocratisation dans toutes ses difficultés et ses défis.

ENNAHDA AU POUVOIR

Le 23 octobre 2011, une Assemblée nationale constituante (ANC) fut élue avec la lourde tâche de rédiger une nouvelle Constitution et de désigner un gouvernement provisoire. Les débats entre les jeunes députés ont été diffusés par la télévision nationale et ont cristallisé les clivages de la nouvelle scène politique. Les questions concernant la séparation des pouvoirs constitutionnels, le statut des femmes, la place de la charia, le choix des modes électoraux, l’identité nationale, la justic transitionnelle et la sécurité de l’État ont occupé le débat public dans une transparence brutale.

Ce long chemin vers la démocratisation a laissé apparaître des configurations inédites. Premier paramètre : l’installation d’un acteur politique nouveau, le parti islamiste tunisien Ennahda. Créé en 1981, longtemps interdit et réprimé, il est revenu en force. Légalisé le 1er mars 2011 par le gouvernement d’Union nationale tunisien, il a obtenu la majorité relative (90 sièges sur 210) aux élections de l’Assemblée nationale constituante sur un programme de moralisation religieuse de la vie politique et de lutte anticorruption. C’est une Tunisie islamo-conservatrice inconnue et/ ou ignorée de la Tunisie laïque et progressiste qui a fait entendre sa voix et fait une entrée fracassante sur la scène politique tunisienne. Fortement inspiré des Frères musulmans égyptiens et auréolé de son lourd tribut payé par son opposition au pouvoir, Ennahda place l’islam politique au cœur de l’échiquier tunisien en déchaînant les craintes et les fantasmes de la part de l’opinion progressiste et laïque et les espoirs d’une vie meilleure de la part de son électorat.

La configuration géopolitique voisine, telle qu’elle s’est dessinée, en 2012-2013, avec la chute de Kadhafi en Libye et la présidence de Morsi en Égypte, a laissé craindre un scénario semblable pour la Tunisie. Pourtant Ennahda, avec son leader Rached Ghannouchi, a joué la carte de la pluralité et du pragmatisme politique.

Le gouvernement provisoire formé en décembre 2011, avec à sa tête Hamadi Jebali puis Ali Larayedh, était un gouvernement de coalition, appelé troïka. Ennahda y a en effet associé les deux autres partis les plus hostiles à l’ancien régime de Ben Ali : le CPR (Congrès pour la république) et Ettakatol (parti social- démocrate fondé en 1994). Mais le parti a multiplié les maladresses et les incompétences. Son inexpérience de la gestion politique et économique a alimenté un ressentiment diffus à l’échelle nationale.

Même si le gouvernement s’est voulu non partisan et a tenté de s’adapter à une demande sociale de
pluralité politique, la critique a été très sévère. Tout au long de l’année 2013, manifestations et contestations de rue ont réclamé le retrait d’Ennahda de la scène politique. Ce retrait du gouvernement eut lieu après l’adoption de la nouvelle Constitution le 26 janvier 2014. Les deux années d’Ennahda au pouvoir ont marqué la conscience politique de la Tunisie post- révolutionnaire comme un épisode de gouvernance anxiogène et alarmant. Pourtant, l’histoire retiendra la conjugaison inédite d’un parti islamiste prêt à partager le pouvoir (et qui a toujours défendu son positionnement démocrate) avec d’autres partis libéraux. La convergence de ces forces politiques a certainement contribué à éviter la fracture nationale tant redoutée au cours des deux premières années qui ont suivi la chute de l’ancien régime.

Le deuxième paramètre est celui de l’expérience de la violence terroriste et de la crise économique. Sortis de la logique sécuritaire et de la régulation de l’ordre, longtemps garanties par la police politique du régime autoritaire, les Tunisiens ont fait l’expérience, sur la scène politique, de la violence brutale et de l’affirmation décomplexée des salafistes radicaux. La violence des prêches dans les mosquées intégristes, l’assaut de l’ambassade américaine le 14 septembre 2012 par des militants salafistes, les assassinats de Chokri Belaïd (6 février 2013) et de Mohamed Brahmi (25 juillet 2013), deux hommes politiques connus pour leur opposition aux islamistes, ont plongé le pays dans une anxiété profonde et une stupeur médusée.

Les partis au pouvoir ont été accusés de connivence, de laxisme, et l’aile ultraconservatrice d’Ennahda fut directement accusée d’avoir commandité les assassinats. Ils sont également considérés comme les principaux responsables de la détérioration de la situation sécuritaire. Quoi qu’il en soit, le pays doit faire face aux attaques meurtrières des groupes djihadistes du mont Chaambi (à l’ouest de la Tunisie) et à la dangerosité de la frontière libyenne demeurée ouverte jusqu’aux derniers attentats de novembre 2015.

À LA CROISÉE DES CHEMINS

Cette frontière qui, jusqu’à la chute de Kadhafi représentait un des espaces économiques les plus dynamiques et florissants du Maghreb, s’est transformée en quelques années en un lieu de passages et de trafics maffieux en tout genre, notamment d’une partie de l’arsenal de la défunte armée de Kadhafi. Par la suite, les attentats meurtriers du musée du Bardo (18 mars 2015), Sousse (26 juin) et de Tunis (24 novembre) ont montré l’extrême vulnérabilité de la Tunisie dans un contexte de djihadisme mondialisé.

Aujourd’hui, si la Tunisie semble le seul pays du monde arabe à poursuivre sa transition politique dans un jeu d’équilibriste périlleux, elle est également le pays de la région qui fournit le contingent le plus important des candidats djihadistes partis s’entraîner en Syrie, en Irak puis dans la Libye toute proche. Longtemps étouffée par la propagande d’État qui présentait la menace terroriste comme un phénomène extérieur à la Tunisie, la société découvre, frappée de stupeur, une jeunesse prête à en découdre et installée dans des logiques de combat qui dépassent les frontières nationales.

Expérience de la violence terroriste mais également expérience d’une crise économique sans précédent. La fuite de Ben Ali a sonné le glas du fameux modèle économique tunisien. L’ampleur de la dette, la fuite des capitaux, le départ précipité des entreprises étrangères, le marasme du secteur touristique ont déstabilisé l’économie du pays. Sans compter la révélation, dans tous ses détails, par la Banque mondiale  – sans doute honteuse de sa complaisance à l’égard du régime de Ben Ali – de « l’économie de prédation » qui sévissait sous Ben Ali : des pans entiers de l’économie tunisienne, réservés exclusivement au camp présidentiel (une centaine de personnes) et interdits aux investisseurs tunisiens et étrangers. Le temps est bien loin où le Forum économique mondial sur l’Afrique, tenu en 2007, plaçait la Tunisie comme l’économie la plus compétitive du continent.

Cinq ans après la révolution, la réalité de la Tunisie est celle de la lutte des classes, des inégalités régionales criante de vérité et de la pauvreté. Même si la Tunisie a mené ces vingt dernières années une politique qui a fait passer le taux de pauvreté de 43% en 1997 à 17% en 2015, plus d’un million et demi de Tunisiens vivent en dessous du seuil de pauvreté.
L’unanimisme des slogans de la révolution de Jasmin a fait place aux divergences politiques. Pourtant, ce petit pays méditerranéen de 11 millions d’habitants, où la distance du nord au sud se parcourt en une seule journée, demeure la seule république civile du monde arabe.

Quel rôle peut jouer le nouveau président ? 
Béji Caïd Essebsi, devenu le 21 décembre 2014 le premier président de la République élu au suffrage démocratique, est un « dinosaure » de la politique tunisienne, ancien compagnon de route de Bourguiba et du dictateur Ben ali, âgé de 89 ans. Avec son parti, Nidaa Tounès (la « voix de Tunisie ») qui a remporté les élections législatives d’octobre 2014 et fait perdre sa place de premier parti poli- tique à Ennahda, il regroupe autour de lui aussi bien des opposants de gauche, des destouriens, des syndicalistes, des hommes d'affaires et des anciens du parti politique du dictateur Ben Ali, le RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique). La crainte d’une restauration de l’ancien régime et d’un basculement dans la fracture politique impose une politique d’union nationale qui explique l’exemplarité de la transition tunisienne. 

Considérée comme le laboratoire d’expériences de la démocratie dans le monde arabe, la Tunisie prend à bras-le-corps les questions incontournables de la légitimité politique et de ses élites au pouvoir ; de la protection de ses institutions ; du bien commun, de la citoyenneté et de la gestion de son passé et ses multiples mémoires. Pour pouvoir répondre à la question lancinante : à quoi a servi la révolution ?



mercredi 16 septembre 2015

La mafia des bars et des cafés

Argent, corruption et impunités à la Goulette


En été chaque fois que je viens à Tunis j'aime me promener avec mes amies tunisoises à la Goulette quand je suis de passage dans la capitale. Malheureusement a chaque fois je remarque toujours le même problème, les trottoirs appartiennent aux mafias des cafés et des bars. L'impunité, l'omerta, et la corruption sont encore présentes dans cette petite commune de la Goulette qui naguère était dirigée par le fameux neveu du dictateur Ben ali qui s'appelle Trabelsi. Aujourd'hui qu’est-ce qui a changé ? d'autre ont pris la place tout simplement.

C'est quoi le problème ici ?

Le problème c'est l'ordre et la loi, l'espace public en l'espèce le trottoir est occupé par tous les bars et les cafés. Chaque habitant ou passant voulant marché sur un trotoir, dois le faire au milieu de la rue et ce mettre en danger face aux voitures, par ce que certain ont décidé de s'approprier l'espace publique pour c'est affaire juteuse. Et le meilleur c'est que les bars et les cafés ne payent pas de taxe, ni impôt aux recettes des finances. Je peux parié ce que je veux, aucun serveur n'a de contrat de travail, ni de sécurité sociale, tous travaillant au noir au bénéfice des patrons voyous du coin. Et pour ne pas nous quitter sans être bêtes, nous nous trouvons à 200 mètres d'un poste de la garde national dans la même rue. Alors que les policiers sont payés pour faire respecter la loi, ceux-ci préfèrent parader en 4X4 dans les rues sans bouger. Apparemment nos policiers du dimanche ne reconnaissent pas les lois de la république bananière de Tunisie
Cerise sur le gâteau, vous remarquerais sur les photos que les voitures ne peuvent pas stationné dans la rue, par ce que des piquets et des chaises sont placé par c'est même mafieux empêchant de se garé !




Mafia Tunisie

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La mafia en Tunisie

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La mafia en Tunisie

La mafia en Tunisie

La mafia en Tunisie

La mafia en Tunisie

Les policiers de la garde national sont devenu aveugle du au faite de la corruption

La mafia en Tunisie

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dimanche 23 février 2014

Moncef Marzouki

L'homme qui vaut 37 000 dinars a vie


C'est ce que touche Moncef Marzouki par mois, et c'est sont salaire a vie apres sont mandat. Même s'il meurt d'une crise cardiaque, sa femme et ses enfants continuerons a touché une partie de l'argent ... Apres sont mandat de singe de la republique en Tunisie, l'état lui paye encore les gardes du corp, la voiture, l'electricité, le gaz et les sanitaires aussi ! Tenez vous bien, tous cet argent en salaire a vie il le doit au salaire du dictateur Ben ali qui sait fait sont propre business au dépant de la société. Je dis en tout cas un grand merci au singes qui ont voté pour lui, et par la meme occasion au gouvernement qui est riche et généreux avec l'argent betement dépensé.
Je vous laisse découvrir les photo de l'homme le plus riche du pays sans dépensé un euro à vie. A ce jours le president des singes a touché le jackpot de 962 000 dinars en salaire, pas mal hein.




Moncef Marzouki
L'homme le plus riche du pays assis dans sont trone

Moncef Marzouki
La gestuelle nous fait croire a l'intelligence d'un homme, il n'en n'est rien dans dans la réalité

Moncef Marzouki

Moncef Marzouki

Moncef Marzouki
Un bureau vide, car l'homme le plus riche na plus besoin de travaillé

Moncef Marzouki
L'homme le plus riche pose fierement devant c'est aieul pour la postérité 

Moncef Marzouki

Moncef Marzouki

Moncef Marzouki
L'homme le plus riche de Tunisie a sa salle de spectacle 

Moncef Marzouki
L'homme le plus riche aime faire découvrir les vestiges du dictateur Ben ali et Bourguiba

Moncef Marzouki

Moncef Marzouki

Moncef Marzouki

Moncef Marzouki

Moncef Marzouki

Moncef Marzouki

Moncef Marzouki

Moncef Marzouki

Moncef Marzouki

Moncef Marzouki
Une petite medaille en chocolat pour les singes et pour amusé la galerie

Moncef Marzouki

Moncef Marzouki
Un costume qui est trop grand pour un singe

Moncef Marzouki
Pour les macaques en Tunisie, un singe est toujours interessant devant les camera



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